Le principe « pour »

La christologie proexistentielle du Jésus de Nazareth de Benoît XVI. Un palimpseste du Seigneur de Guardini

par Michel DENEKEN

Octobre-Décembre 2011- tome 99/4

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M. DENEKEN – Le principe « pour ». La christologie proexistentielle du Jésus
de Nazareth de Benoît XVI. Un palimpseste du Seigneur de Guardini

Questionner Jésus de Nazareth, l’oeuvre pour le moment bipartite de Benoît XVI-Joseph Ratzinger, c’est aussi chercher à identifier le genre littéraire de cet objet théologique dont l’auteur doit assumer à la fois le théologienqu’il reste, toujours sujet et objet de critique, et le pape qu’il est devenu, en charge du magistère doctrinal dans l’Église catholique. S’il y a bien une différence entre les deux, que Benoît XVI affirme savoir distinguer, il y a également une unité profonde de l’auteur, qui est aussi celle du Jésus qu’il veut présenter. Le narrateur se met sur le chemin de Celui dont il veut déployer toute la puissance d’être et, ce faisant, avoue ce qu’il doit au Seigneur de Guardini. Le genre littéraire du Jésus de Nazareth de Benoît XVI se présente alors comme une apologie évangélique narrative, raisonnée, de Jésus de Nazareth, Christ et Seigneur. En filigrane, l’auteur raconte aussi son histoire, celle d’une relation profonde au Christ qui l’a fait devenir le prêtre et le théologien Ratzinger, puis Benoît XVI, le pape.

M. DENEKEN – The ‘for’ principle. Pro-existential christology of Benedict XVI’s Jesus of Nazareth. A palimpsest of Guardini’s The Lord.

Examining Jesus of Nazareth, the at present bipartite work of Benedict XVI Joseph Ratzinger, also entails identifying the literary genre of this theological object for which the author must assume both the role of the theologian, which he remains, as always a subject and object of criticism, and that of the Pope he has become, responsible for the doctrinal magisterium in the Catholic Church. If there is indeed a difference between the two which Benedict XVI states he is able to distinguish, there is also a unity in the author, as well as in the Jesus he wishes to present. The narrator follows the path of the One whose full power of being is to be arrayed and, by doing so, the author admits all he owes to Guardini’s The Lord. Hence the literary genre of Benedict XVI’s Jesus of Nazareth can be seen as a narrative and reasoned evangelical apology of Jesus of Nazareth, Christ and Lord. Implicitly, the author also recounts his own story, that of a profound relationship with Christ which led him to become the priest and theologian Ratzinger, then Benedict XVI, the Pope.

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