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« Homoousios et homoousios. La substance entre théologie et philosophie
Cet article part d’un passage de la profession de foi du concile de Chalcédoine, où l’on peut constater un certain décalage entre le « vouloir dire » et l’équivoque de l’effectivement « dit » dans le double emploi du mot homoousios appliqué au Christ, pour souligner la nécessité d’une critique philosophique de l’usage théologique de tout concept. L’auteur prolonge son propos en analysant l’utilisation du concept de « transsubstantiation » en théologie eucharistique. En aidant le théologien à ajuster son dire à son vouloir dire, le philosophe se tient dans les marges de la théologie, mais à titre de spectateur intéressé et son apport ne pourra avoir lieu que sous contrôle théologique – donc sous celui d’une théologie fondamentale. Si rigueur il doit y avoir en théologie et en philosophie, herméneutique philosophique des textes théologiques et interprétation critique des textes philosophiques par le théologien ne sont pas une option mais un impératif.
« Philosopher à l’intérieur de la théologie ». La transcendance de la question ontologique comme voie d’accès à une Philosophie de la Religion dans l’oeuvre de Karl Rahner
Cet article propose une relecture de l’œuvre de Karl Rahner à la lumière des développements successifs qu’il consacra à la relation entre philosophie et théologie, dégageant ainsi la force inspiratrice d’une réflexion qui n’a rien perdu de son actualité. Les sources auxquelles puise et se confronte K. Rahner (la métaphysique de la connaissance qui se dégage des relectures de la tradition thomiste produites par P. Rousselot et J. Maréchal ; la pensée de M. Heidegger …) sont diverses, mais toujours maîtrisées, au service d’une tâche dont il s’est inlassablement préoccupé : dégager l’espace où puisse être audible et dicible la manifestation du « libre Inconnu » se révélant et se communiquant à l’homme.
La théologie entre urgence phénoménologique et endurance herméneutique
Cet article entend réagir au défi lancé aux théologiens par le philosophe Jean-Luc Marion : « Pourquoi n’entreprennent-ils pas ou si peu (…) de lire phénoménologiquement les événements de révélation consignés dans les Écritures (…) au lieu de toujours privilégier des herméneutiques ontique, historique ou sémiotique ? » « Sauver les phénomènes » en leur reconnaissant le droit d’apparaître sans réserve, contrairement au privilège indiscuté reconnu aux processus d’objectivation, tel est le tournant radical que Marion préconise. Ainsi, la foi donne accès à des réalités données dont l’accueil réclame que soit levée, du côté du témoin, la censure préalable qui leur interdit d’apparaître. Cette perspective, a priori sympathique au théologien, lui pose néanmoins des questions, notamment concernant la passivité fondamentale à laquelle le phénomène semble réduire le témoin qu’il submerge.