Le Jésus de l’histoire sous le regard des théologiens

A partir d’une problématique qui fait droit à la distinction entre historique et historicité, l’article de J. Moingt pose la question : en quoi la théologie s’intéresse-t-elle au Jésus de l’histoire ? à quoi il répond d’emblée : le théologien, en tant que discours sur Dieu et ouverture à la révélation et au salut pris globalement, s’intéresse de façon inéluctable au Jésus de l’histoire en tant que l’identité du Dieu des chrétiens est déterminée par son rapport d’identification à un personnage historique, Jésus de Nazareth. Proposant d’abord un parcours du symbole de foi pour vérifier cet intérêt de la foi pour l’histoire, il propose une approche théologique du Jésus de l’histoire par le retour à la question de Dieu aujourd’hui, rejoignant la question fondamentale qui est la question du sens.

L’intérêt théologique de la quête du Jésus historique

Partant du constat que le Jésus historique ne soulève pas un intérêt également partagé chez les théologiens, l’article de Chr. Duquoc propose d’ouvrir un chemin de corrélation féconde entre l’élaboration théologique et la dynamique houleuse de la recherche d’une figure de Jésus qui ne soit pas délimitée par la seule évidence des textes canoniques et de leurs interprétations officielles ou autorisées. Ainsi, après avoir exposé l’enjeu de l’exégèse historico-critique, lucide sur les excès notamment du rationalisme, notant au passage les différences entre catholiques et protestants et l’importance des ouvrages de Schweitzer et Bultmann, Chr. Duquoc conclut sur un bilan des recherches exégétiques qui est loin d’être négligeable pour le théologien, faisant sien le jugement de D. Marguerat : « L’historien ne sape pas la foi ; il en trace les contours ».