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Le renouvellement du « principe dogmatique » en théologie contemporaine
En 1965, Karl Rahner et Karl Lehmann publièrent une étude documentée et systématique sur les rapports entre kérygme et dogme, quintessence des travaux en cours dans ce domaine, au moment où s’achevait le concile Vatican II. Un premier principe consensuel allait se dégager de ces travaux. Son impact touchera directement la fonction régulatrice des langages de la foi, autrement dit du caractère principiel et originaire de cette fonction dévolue aux formules de confessions présentes dans l’écriture néotestamentaire. Il s’agissait en somme de poser et de justifier les principes d’une interprétation dogmatique de l’Ecriture. L’une des questions cruciales alors débattues tournait autour de la signification d’un objet de foi saisissable en énoncés de vérité, objet qui ne pouvait consister en une simple sequela Christi, ou être ramené à une anthropologie existentiale. Une place pour le dogme semblait subsister. Ce processus va déboucher sur une interprétation » extensive » du dogme à laquelle V. Holzer consacre ici l’essentiel de ses analyses.
Les énoncés dogmatiques dans le contexte interculturel
Face à la démarche théologique qui commence à partir de concepts dogmatiques existants, E. Schillebeeckx, en renversant cette démarche du déductif à l’inductif, élabore une théologie basée sur l’herméneutique de l’expérience et de la praxis. Ainsi aborde-t-il la question de l’actualisation de la foi, en montrant la relation dialectique entre la tradition de la foi et le contexte où vivent les croyants. Se situant dans le champ culturel asiatique, Agnès Kim rappelle qu’il y a là un champ d’interprétation façonné tout autrement que celui que le christianisme a connu jadis. Mais ce champ asiatique est également en train d’être modifié par les expériences nouvelles qui critiquent aussi l’ensemble de l’expérience acquise. S’imposent ainsi à elle de doubles contextes existentiels qui la conduisent à poser la question des énoncés dogmatiques en situant cette question au sein de ces contextes, qui sont quelque peu en discontinuité par rapport à l’ancien, et qu’elle considère comme paradigmes du contexte interculturel.