Bultmann et l’exégèse d’aujourd’hui

Peu cité de nos jours par les exégètes, si ce n’est pour redresser ses méthodes (ainsi de la théorie des formes littéraires) ou pour contester et dépasser ses conclusions (sur le messianisme en particulier), Bultmann n’en reste pas moins présent aux grands questionnements bibliques de notre temps : parce qu’il en a été souvent l’initiateur (en matière de recherches de l’histoire littéraire des textes évangéliques), mais tout autant parce que plusieurs de ses intuitions sont définitivement acquises (avant tout, l’idée que la tradition précède l’écriture) et parce que, de toutes façons, les problèmes qu’il a soulevés demeurent. Le grand procès intenté à Bultmann, par ses propres disciples en premier lieu, concerne son traitement négatif de l’historicité de Jésus. Les recherches entreprises depuis lors sur ce chapitre aboutissent cependant à des résultats assez proches des siens, mais elles sont libérées du positivisme historiciste auquel il a paru succomber (par exemple, sur la question des miracles). Un autre contentieux vient de son herméneutique,

René Marlé et la théologie pratique

L’expression de « théologie pratique » donne une clé de l’interprétation que faisait René Marlé de sa propre pratique de la théologie, telle qu’il l’a mise en œuvre notamment à l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique de Paris et dans ses inlassables contributions au mouvement catéchétique. C’est aussi un clé de l’unité de sa vie de croyant, de savant et de formateur. Articulée sur une approche herméneutique, confrontée aux rationalités modernes d’un côté, et sur une analyse des pratiques, familière des sciences humaines d’autre part, cette pratique théologique, pleine de pudeur, alliait le souci pédagogique de la formation des esprits et de la transmission du savoir aux recherches les plus aiguës sur les problèmes contemporains de la foi.