Questions et implications du silence de Paul sur Jésus

Lorsque l’on interroge les lettres de Paul sur le thème des « miracles de Jésus », un constat s’impose : Paul ne fait allusion à aucun de ces miracles. Doit-on en conclure qu’il les ignore ? S’interroger sur ce silence de Paul au sujet des miracles revient très vite à poser la question du rapport que l’Apôtre entretient avec la vie de Jésus. Après avoir recueilli les points de rupture où se joue le silence de Paul sur les miracles et relevé les questions soulevées par ce constat, il s’agira ici d’étudier les implications de ce silence qui touche au sens des signes pour Paul et, par là, au kérygme.

« Quelle messianité en acte donne à voir la figure de l’homme Jésus ?

Quelle messianité en acte donne à voir la figure de l’homme Jésus ? L’introduction au colloque se demande s’il y a une possible et légitime « théologie de la vie de Jésus ». On verra que la réponse peut être positive, mais à condition de bien préciser les termes et l’usage qu’on en fait. Une « théologie de la vie de Jésus » ? Mais comme il y a ou peut y avoir des perspectives théologiques à proposer de toutes les réalités du monde, et tout particulièrement en ce qu’elles sont en lien à du social et à de l’idéologique. Or, la vie de Jésus est bien une réalité du monde, parmi d’autres, et elle est bien – oh combien ! – liée à des jeux sociaux et idéologiques. Une « théologie de la vie de Jésus » ? Oui, mais comme théologie justement, et théologie articulée au réel, ici humain.

Post-scriptum

En réponse à la note précédente, M. Fédou précise son propos. Soulignant avec J. Moingt qu’il n’est pas possible d’établir à partir de l’histoire une « théologie de la vie de Jésus », il croit néanmoins possible de proposer une « théologie de la vie de Jésus au sens large », à condition de bien s’entendre. Si l’expression cherche à couper court à l’illusion de prétendre s’appuyer sur une exacte reconstitution de la chronologie, il faut bien cependant parler ici de « théologie », qui ne serait aucunement déduite des résultats atteints par l’histoire, mais dont on attendrait seulement qu’elle prenne en compte les acquis les plus solides de l’ouvrage de J. P. Meier.

Note à l’issue du colloque RSR « Christologie et Histoire de Jésus »

Dans cette note à l’issue du colloque, J. Moingt met en cause la possibilité d’établir sur des bases historiques solides une théologie de la vie de Jésus, une christologie messianique de l’accomplissement des Écritures par l’activité thaumaturgique de Jésus, qu’il serait loisible d’élever ensuite à une haute christologie, peut-être même sans avoir besoin de passer par sa résurrection. Il revient par là-même sur la position et le travail respectif du théologien et de l’historien, et les enjeux de la première, deuxième et troisième quête du Jésus historique.

La question christologique : une théologie de la vie de Jésus ?

Puisque l’ouvrage de Meier s’intéresse au Jésus historique et qu’il s’efforce d’en préciser peu à peu le « portrait », il est légitime de se demander si les enquêtes ainsi menées permettent d’envisager aujourd’hui une nouvelle théologie de la vie de Jésus, et, si oui, à quelles conditions. Les trois séries de réflexions ici proposées – sur la position de Jésus dans le monde juif, sur ses miracles, et finalement sur la question de son identité – permettent d’apporter une première réponse à cette question.

La bioéthique et le statut théologique de l’éthique séculière

En 1986, H.T. Engelhardt justifiait l’autonomie de la bioéthique à l’égard des éthiques religieuses en partant du fait que les hommes de notre temps sont « moralement des étrangers », les uns pour les autres. En 1991, il entreprit de mieux discerner les relations entre éthiques séculière et religieuse, en gardant la même orientation de pensée, mais en s’attaquant à l’idéologie d’un humanisme athée. Il cherche à établir sur les bases d’une rationalité universelle un « cadre de référence neutre », commun à l’ensemble des partenaires du débat éthique contemporain, mais qui laisserait la place à une pluralité de visions philosophiques, religieuses et morales. Car ce serait ruiner toute éthique que de vouloir fonder la bioéthique sur le seul recours au consentement libre et éclairé du malade et sur le respect de son autonomie, à l’exclusion de toute recherche de « buts transcendants ». – La pensée d’Engelhardt n’est pas exempte d’ambiguïtés sinon de contradictions : il ne dit pas comment son humanisme séculier donnera satisfaction aux partisans des éthiques religieuses

Morale commune et théologie face à la vie et à la mort

Les problèmes de la vie commençante (procréations médicalement assistées) et ceux de la vie finissante (euthanasie/soins palliatifs) déterminent deux secteurs importants de la bioéthique. La démarche éthique de toutes les personnes concernées par ces problèmes (patients, médecins, pasteurs, etc.) commence par une information sérieuse sur les données scientifiques, biologiques ou médicales, sur les situations des personnes et leurs implications anthropologiques et sociales. Elle requiert ensuite, mais toujours en lien étroit avec ces approches technologiques, l’analyse, principalement philosophique, des concepts de personne et de corps humain, de dignité et de respect de la personne, analyse attentive à la fragilité de l’être humain et aux conflits qui peuvent surgir entre valeurs humaines et procédures médicales comme entre les situations individuelles et les impératifs de la loi. A la « morale commune », (P. Ricoœur) élaborée par le discours philosophique, la théologie ajoute son intuition propre de la gratuité de l’amour et de la responsabilité d’autrui, puisée dans la révélation de l’Alliance et de l’identification du