L’Écriture, arme de la théologie ?
Poser la question de la lecture des Écritures, et spécifiquement de la lecture théologique des Écritures, implique – mais cela est-il si clair ? – qu’une lecture non théologique des Écritures soit vraiment possible, qu’elle n’ait jamais eu (de) lieu. Or, la question de la lecture, c’est-à-dire du « comment lire? », est une question politique, à cause de son arraisonnement à la logique calculante du programme, mais aussi parce qu’elle suppose résolues les questions « pourquoi lire? » et « qui peut lire? ». Et s’agissant plus spécifiquement de la lecture de la Bible, et de ce que l’on appelle une lecture théologique des Écritures, les questions se redoublent. Identifier une certaine lecture cléricale – c’est-à-dire une lecture officielle, et à la limite autoritaire – à la (seule) lecture authentiquement théologique possible, ou exclure, en la disqualifiant, toute lecture théologique en lui reprochant par exemple son déficit d’ecclésialité ou de scientificité, c’est s’interdire de penser une certaine lecture théologique des Écritures.