Éditorial 113/2
À qui observe aujourd’hui la théologie depuis l’université en raison d’un intérêt pour les questions religieuses dans nos sociétés pluralistes, il apparaît souvent une production peu compatible avec les requêtes de la recherche scientifique. Beaucoup de publications se contentent de manières de dire et de penser qui ne trouvent plus de lecteurs en dehors de quelques cercles déjà convaincus ou sans attente d’un recul critique. On rencontre de moins en moins de théologiens informés avec sérieux de l’histoire de l’Église, de la sociologie, pour ne rien dire des sciences et de la médecine, à quelques rares exceptions près. D’autres, au rebours, font mine d’avancer masqués sous les habits du philosophe, du sociologue ou de l’historien. Mais personne ne s’y trompe : ni les universitaires pour qui l’accoutrement est trop grossier, ni ceux que satisfait un essai pour faire taire les sciences sociales. Même si l’université compte des polémistes et des militants, les chercheurs, dans leur ensemble, ne font pas leur carrière