Editorial 114/2
Consacrer un numéro des RSR à la guerre mérite quelques commentaires. La paix semble un sujet beaucoup plus adapté à l’espérance chrétienne et aux discours des souverains pontifes depuis au moins Benoît XV. En 1917, ce dernier voyait dans la Grande Guerre un « massacre inutile ». Jean XXIII considérait la prolifération nucléaire de la « guerre froide » comme une raison supplémentaire pour plaider en faveur de la paix. Jean-Paul II, Benoît XVI firent de même. François affirma que seule la non-violence active était compatible avec l’annonce de l’Évangile. Alors, pourquoi parler de la guerre ? N’aurait-il pas été plus pertinent de faire un point sur la doctrine que l’Église semble désormais incarner, la « non-violence active », un pacifisme intégral ? Il vaut la peine d’y regarder de plus près et de distinguer les discours publics de l’Église et son action médiatrice pendant les conflits. On ne limitera pas dans ce dossier l’Église au Saint-Siège ni les chrétiens aux catholiques. Les discours qui promeuvent exclusivement la paix posent des