Bulletin de Littérature Prophétique (114/3 – 2026)

Ce Bulletin propose les recensions de 16 ouvrages. MASTNJAK Nathan, Before the Scrolls. A Material Approach to Israel’s Prophetic Library, Oxford Scholarship, OUP, Oxford, 2023, 266 p. SHERMAN Tina M., Plant Metaphors in Prophetic Condemnations of Israel and Judah, « Ancient Israel and its Literature » 49, SBL Press, Atlanta, 2023, xiv + 306 p. O’BRIEN Julia M., Prophets beyond Activism. Rethinking the Prophetic Roots of Social Justice, Westminster John Knox Press, Louisville, 2024, 153 p. LAATO Antti, Message and Composition of the Book of Isaiah. An Interpretation in the Light of Jewish Reception History, DCLS 46, de Gruyter, Berlin, 2022, 331 p. PEDERSEN Håkon Sunde, The Retributive and Suffering God of the Book of Jeremiah. A Study of YHWH’s ʻĀzab-Complaints, FAT 2. Reihe 140, Mohr Siebeck, Tübingen, 2023, 207 p. WENZEL Heiko (éd.), The Book of the Twelve. An Anthology of Prophetic Books or the Result of Complex Redactional Processes ?, préface de Georg Fischer, « Osnabrücker Studien zur Jüdischen und Christlichen Bibel » 4, V&R

Bulletin Pentateuque, Livres historiques et Histoire d’Israël (114/3 – 2026)

Les ouvrages recensés dans le présent bulletin sont regroupés en trois parties : I. Études historiques et critiques (1-5) II. Études narratives et synchroniques (6-15) III. Histoire d’Israël et livres historiques (16-22) I. Études historiques et critiques (Olivier Artus) Parmi de nombreux objets de recherche, les ouvrages recensés dans cette section du bulletin, traitant des études « historiques et critiques » portant sur le Pentateuque, font apparaître deux champs assez innovants de recherche, qui appellent des études complémentaires : – d’une part, la recherche concernant les phases les plus tardives de la composition du Pentateuque, qui pose la question de l’interaction entre les débats scribaux et la composition du texte (voir en particulier J. Jeon [notice 3]), et celle des influences hellénistiques sur les dernières phases de cette composition (Th. Römer [notice 1], A. Bühler [notice 5]) – d’autre part, la recherche sur la dimension pluriculturelle de la province de Yehud, de la région d’Hébron, au sud de Yehud, et de la Transjordanie à l’époque

Théologie politique du trône vide. Anarchisme et christianisme

Nous souhaitons défendre ici l’impossibilité d’une « théologie politique » entendue comme déduction d’un pouvoir politique légitime depuis la doctrine théologique. Par ce refus, il ne s’agit pourtant pas d’abandonner toute théologie politique et de plaider pour un christianisme apolitique. Au contraire, cette impossibilité, dénonçant la tentation d’auto-sacralisation du pouvoir, se présente comme intrinsèquement politique. Laissant le pouvoir sans fondement – « le trône vide » – nous montrerons que la théologie politique chrétienne a à voir avec l’anarchisme.

Vérité révélée et pouvoir social

Les évolutions doctrinales de l’Église qui ont marqué l’histoire de ses relations avec les régimes politiques du XXe siècle ne démontrent pas une logique d’accommodement ou de ralliement au libéralisme. L’enjeu pour l’Église fut bien au contraire de reformuler l’autorité de la loi de Dieu face à l’autonomisation de la société, en définissant une nouvelle intermédiation non plus incarnée dans une figure d’autorité mais représentée par des collectifs sociaux engagés dans la réalisation du but qu’ils se sont donné. Il s’agit bien d’une volonté de l’Église d’orienter le mouvement d’émancipation de la société vers la mise en œuvre du message christique.

Théologico-politique : réflexions sur l’histoire récente d’un encombrant

Les deux dernières décennies du XXe siècle ont vu un retour de légitimité de Dieu en politique, dans un contexte marqué par la multiplication de conflits localisés où l’appartenance religieuse pouvait servir de ressort. En philosophie et dans les sciences sociales, ce « retour de Dieu » a rendu son actualité au débat sur le « théologico-politique ». Complémentaires, ces deux événements sont au centre de l’article qui en raconte l’histoire récente, entre globalisation du monde et sécularisation, puis entre violence au nom de Dieu et montée de radicalismes chrétiens. L’analyse conduit à s’interroger sur l’efficacité heuristique de la notion de « théologico-politique » pour comprendre la crise actuelle de l’idée démocratique.

Le théologico-politique : une liaison dangereuse

Cet article entend mettre en lumière les dangers que représente le théologico-politique, aussi bien pour la démocratie que pour le christianisme. Noué depuis le XVIIe siècle par des philosophes (Spinoza et Hobbes), ce concept n’a cessé d’être repris – par Carl Schmitt en particulier, au début du XXe – et reste d’une actualité brûlante. Pour plus de clarté, le théologico-politique sera distingué ici des nombreuses théologies politiques qui ont été élaborées par des théologiens, à partir du tournant constantinien.

Le moment constantinien

Le règne de Constantin (306-337) marque une transformation profonde de la religion telle qu’elle était comprise dans le monde antique. L’empereur n’adopte pas seulement le christianisme, il remplace une pratique religieuse fondée sur un lien collectif à un choix religieux opéré à l’échelle individuelle. Certes, Constantin favorise le christianisme tout en maintenant une tolérance prudente envers les cultes traditionnels, mais il contribue surtout à un déplacement radical du religieux dans le monde gréco-romain. Par ailleurs, ses interventions dans l’organisation ecclésiale contribuent à poser les bases d’une religion impériale, tandis que les Églises entendent conserver une autonomie déjà séculaire. Sont ainsi posées en des termes nouveaux les relations entre pouvoir et religion.

Editorial 114/3

Le terme « théologico-politique » connaît un regain d’intérêt à la faveur de l’actualité politique internationale et des transformations des manières de se situer comme croyants, pratiquants ou adeptes des religions. Dans les conflits violents qui déchirent notre époque, le facteur religieux occupe une place importante. Il participe à la polarisation des sociétés démocratiques occidentales et à leur division. La recomposition interne des religions, et principalement des trois monothéismes, compte pour beaucoup également dans cette situation. Le questionnement sur le rôle du christianisme dans l’espace public n’est pas nouveau pour les RSR. Notre dernier numéro (avril 2026, 114/2) a voulu contribuer à approfondir les médiations ecclésiales en faveur de la paix et l’évolution de la doctrine de l’Église face à de nouvelles formes de conflits. C’était aussi déjà le sens du dialogue noué entre Christoph Theobald et Danièle Hervieu-Léger autour des nouvelles formes de socialisation du christianisme, présentées sous le terme de diaspora, repris des propositions ecclésiologiques de Rahner (RSR 107/3, 2019). Trois

Bulletin d’histoire moderne (114/2 – 2026)

Les ouvrages recensés dans ce bulletin sont regroupés en onze rubriques : I. Baptême et péché originel (1-3) II. Catholicisme britannique et irlandais (4-6) III. Écriture (7-8) IV. Grâce (9-10) V. Images (11-13) VI. Jésuites (14-17) VII. Juifs et chrétiens (18-19) VIII. Monachisme (20-23) IX. Mystique (24-25) X. Port-Royal (26-27) XI. Protestantisme (28-30) I. Baptême et péché originel 1. GOURDON Vincent, Histoire du baptême, du Moyen Âge à nos jours, Passés composés, Paris, 2024, 398 p. 2. HOURS Bernard, MEYER Frédéric, MILBACH Sylvain (dir.), Le péché originel (XVIe-XXe siècles). L’impossible dogme au défi de la modernité, « Chrétiens et Sociétés. Documents et Mémoires » 43, LARHRA, Lyon, 2022, 405 p. 3. DOHR-COMBE Myriam, FOSSURIER Carole, MARTIN Philippe (dir.), Les populations particulières dans les cimetières à l’époque moderne, « Patrimoines », Éd. du Cerf, Paris, 2023, 286 p. II. Catholicisme britannique et irlandais 4. KELLY James E., MCCAFFERTY John (direction de la série et du volume), The Oxford History of British and Irish Catholicism. Endings and New Beginnings,

Bulletin d’histoire religieuse et sociale du Moyen Âge (114/2 – 2026)

Les ouvrages recensés dans le présent bulletin sont regroupés en dix rubriques : I. Ordres militaires (1) II. Évêques, moines et chanoines (2-4) III. Papes, conciles, gouvernement de l’Église (5-9) IV. Hagiographie et sainteté (10-11) V. Culture, savoirs, pouvoirs (12) VI. Prédication, pastorale et religion des laïcs (13-15) VII. Orthodoxie et hérésie (16-18) VIII. Éditions de sources (19-22) I. Ordres militaires BAUDIN Arnaud, JOSSERAND Philippe (dir.), D’Orient en Occident. Les Templiers des origines à la fin du XIIe siècle, Snoeck, Gent, 2023, 415 p.  II. Évêques, moines et chanoines TIGNOLET Claire, Théodulf d’Orléans (vers 760-821). Histoire et mémoire d’un évêque carolingien, « Haut Moyen Âge », 46, Brepols, Turnhout, 2023, 291 p. DEFLOU-LECA Noëlle, MASSONI Anne (dir.), Monde canonial, monde monastique. Mutations et conversions de statuts, IXe-XIIe siècle, « Histoire », PUR, Rennes, 2024, 364 p. CARRAZ Damien, LE BLÉVEC Daniel, MASSONI Anne (dir.), Dossier « Chanoines et chapitres du Midi », Cahiers de Fanjeaux 58, Centre d’études historiques de Fanjeaux, Fanjeaux, 2024, 629 p. III. Papes, conciles, gouvernement de