Note de lecture : Philippe Büttgen, Que m’est-il possible d’affirmer ? Philosophie des confessions
Note de lecture de l’ouvrage de Philippe Büttgen, Que m’est-il possible d’affirmer ? Philosophie des confessions, Éd. du Cerf, Paris, 2024, 318 p.
Note de lecture de l’ouvrage de Philippe Büttgen, Que m’est-il possible d’affirmer ? Philosophie des confessions, Éd. du Cerf, Paris, 2024, 318 p.
Dans les débats actuels qui traversent l’Église catholique, les voix féministes sont parfois disqualifiées a priori comme excessives, non seulement par des hommes, mais aussi par des femmes qui ont une vision négative du féminisme ou qui veulent être intégralement « loyales » envers l’Église catholique. Nous proposons ici une réflexion critique et constructive en quatre temps. Par le recours à l’épistémologie féministe telle qu’elle se définit hors du champ de la théologie, nous établirons d’abord qu’il est légitime et judicieux d’écouter avec soin les interpellations dérangeantes venant de femmes. Nous prêterons aussi attention à la voix d’une théologienne, Lucia Vantini, qui identifie dysfonctionnements et dénis dans l’Église catholique, sans congédier l’espérance. Nous argumenterons ensuite que la fructification de la charité est la visée unifiante de la tradition chrétienne, en vue de distinguer entre la tradition de l’Évangile et les traditions ecclésiales. L’objectif est de soutenir un discernement bifocal, par les hommes et les femmes en conversation, de la puissance de l’Évangile dans
L’essai porte sur la contribution de théologiennes au Chemin synodal de l’Église locale en Allemagne, notamment sur leur collaboration dans le Forum 3 « Les femmes dans les services et ministères ecclésiaux ». Le texte de base et les deux textes d’action proposés par le Forum et adoptés par l’assemblée synodale y sont analysés. Les argumentations théologiques sont intégrées dans l’histoire de la pastorale et de la théologie en Allemagne. Durant ces dernières années, des théologiennes se sont intensément intéressées aux arguments théologiques avancés en faveur de l’accès des femmes à des ministères sacramentels. En conclusion, ces débats sont intégrés dans le discours ecclésial à l’échelle mondiale.
La féminisation du corps enseignant en Écriture Sainte depuis les années 1980 en France est le fruit d’une longue et tumultueuse histoire qui a commencé un siècle plus tôt aux États-Unis. Les apports de l’approche féministe sont à l’origine d’une heureuse pluralité qui a profondément renouvelé l’exégèse. Aujourd’hui, hommes et femmes travaillent ensemble à l’interprétation des textes bibliques, au service de l’intelligence de la foi.
Cette contribution de théologie pratique montre divers seuils et parcours typiques de la manière dont les femmes protestantes se sont investies par leurs compétences théologiques dans les Églises « historiques » issues de la Réforme, avec quelques éclairages également concernant des personnalités d’Églises évangéliques : de la maison à des engagements sociaux, des Églises aux lieux internationaux, des universités aux presbytères et à l’espace public. On ne suivra pas les travaux d’universitaires, mais les théologiennes « de terrain », même si les frontières sont poreuses. Il apparaît qu’on ne saurait parler ni de théologie « de femmes » ni « du féminin », ni « féministe », la manière de s’engager et de raisonner étant pourtant clairement « réformiste » – réformatrice.
L’objectif de l’article est de décrire qui sont les théologiennes enseignantes en France, d’abord en resituant les femmes parmi les laïcs dans la première moitié du XXe siècle, en examinant ensuite l’histoire propre des religieuses en matière de formation et d’enseignement théologique. L’exemple de l’Institut Catholique de Paris permet de présenter concrètement les étapes de l’entrée des femmes dans la théologie universitaire. Deux axes de réflexion sont déployés : la différence entre étudier et enseigner et le caractère singulier de la manière dont les théologiennes enseignantes en France se positionnent.
Il existe dans l’Église catholique un paradoxe qui frise la contradiction : les femmes y sont investies dans de nombreux services et sans elles peu de paroisses pourraient se maintenir mais leur présence est empêchée et leurs voix presque inaudibles. Certaines figures féminines y sont certes louées, à commencer par Marie, « Mère de Dieu », honorée de tous les titres qu’on lui attribue. Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, et, plus récemment reconnue, Hildegarde von Bingen se tiennent à l’avant-garde. Mais occuper une place dans l’institution demeure aujourd’hui une exception. On a salué les nominations faites par le pape François : enfin, certaines femmes arrivaient au Vatican ! Manière de dire, en effet, car elles ont toujours été nombreuses, les petites mains des cuisines, de l’entretien et de la sacristie. Près de 25% du personnel de la Cité du Vatican est féminin. Les hauts offices étaient pourtant jusqu’à peu uniquement masculins. On vit d’abord une femme à la tête des musées du Vatican puis d’autres rejoindre
I. Actualité ecclésiale 1. RICCARDI Andrea, L’Église brûle. Crise et avenir du christianisme, tr. fr. Agnès Faller, Éd. du Cerf, Paris, 2022, 328 p. 2. BORGHESI Massimo, Francesco. La Chiesa tra ideologia teocon e « ospedale da campo », « Pensiero Cristiano », Jaca Book, Milano, 2021, 269 p. 3. HINZE Bradford E., Confronting a Church in Controversy, Paulist Press, New York/Mahwah NJ, 2022, 190 p. 4. DEVILLE Adam A.J., Everything Hidden Shall Be Revealed. Ridding the Church of Abuses of Sex and Power, Angelico Press, Brooklyn, 2019, 140 p. 5. LENNAN Richard, Tilling the Church. Theology for an Unfinished Project, Liturgical Press Academic, Collegeville, 2022, 264 p. 6. DORÉ Joseph, Le salut de l’Église est dans sa propre conversion, « forum », Salvator, Paris, 2021, 387 p. 7. ECKER Emmanuel, Le territoire ne fait pas l’Église. Vers un nouveau rapport de l’Église à la territorialité ?, « Patrimoines », Éd. du Cerf, Paris, 2022, 350 p. II. Synodalité 8. CHOLVY Bernadette, FORESTIER Luc, Un catholicisme sous pression. Vatican II et nos questions
Le présent bulletin, établi selon les principes qui ont guidé les bulletins précédents (RSR 103/3 [2015], p. 419-446, 106/3 [2018], p. 487-519 et 109/3 [2021], p. 623-656), analyse des ouvrages parus en 2021, 2022 et 2023. I. Histoire et sciences sociales 1. AVON Dominique, L’histoire religieuse contemporaine en France, « Écritures de l’histoire », La Découverte, Paris, 2022, 295 p. 2. FOUILLOUX Étienne, LANGLOIS Claude, ENCREVÉ André, PRÉVOTAT Jacques (dir.), Jean-Marie Mayeur, historien du catholicisme et de la laïcité, « Histoire », PUR, Rennes, 2022, 331 p. 3. PELLETIER Denis, MICHEL Florian (dir.), Pour une histoire sociale et culturelle de la théologie. Autour de Claude Langlois, BEHE.R 199, Brepols, Turnhout, 2023, 406 p. 4. DE FRANCESCHI Sylvio Hermann, HUREL Daniel-Odon, TAMBRUN Brigitte (dir.), Le Dieu Un : problèmes et méthodes d’histoire des monothéismes. Cinquante ans de recherches françaises (1970-2020), BEHE.R 194, Brepols, Turnhout, 2022, 912 p. II. Perspectives romaines 5. HÉRISSON Arthur, Pour le pape-roi. Les catholiques français et l’unification italienne (1856-1871), BEFAR, École française de Rome,
Qu’elle s’exprime au sein d’institutions universitaires sous juridiction ecclésiastique ou dans un jeu relationnel complexe entre pouvoirs facultaires de l’université d’État et pouvoirs ecclésiastiques de nomination et de contrôle, l’appartenance du théologien à l’institution doit être abordée aujourd’hui sur deux terrains différents, intrinsèquement liés entre eux et en tension. L’article entre dans cette configuration par la théologie en s’interrogeant d’abord sur la mutation contemporaine de l’institutionnalité ecclésiale et sa répercussion sur le positionnement institutionnel du théologien et de la théologienne. Abordée en un deuxième temps, leur appartenance à l’institution universitaire, leur pose la question de savoir pour quelles raisons théologiques ils doivent laisser la place à une pluralité de savoirs, parmi eux les sciences sociales, et entrer en apprentissage par rapport à elles. C’est cette double « formalité » ou « appartenance » institutionnelle, difficile à réaliser en raison de la complexité « transdisciplinaire » qui en résulte et de la diversification culturelle et confessionnelle de ses configurations, qui conduira à situer le charisme du théologien et de la