Comment faire de la théologie une science humaine à part entière ?

L’article précisera l’idée de théologie chez Michel de Certeau d’un point de vue à la fois conceptuel et épistémologique. Pour ce faire, il nous semble nécessaire d’interroger les usages que de Certeau a fait de cette discipline dans le cadre des sciences humaines et sociales. À cet égard, il est tout d’abord essentiel de mettre en évidence les différences entre ces deux dernières et de contextualiser la conception théologique de Michel de Certeau dans le cadre du carrefour que constitue la crise épistémologique des années 1970. En somme, quel type de savoir est la théologie pour Michel de Certeau, est-ce vraiment une science ? Cette bifurcation suffit-elle à fonder une identité épistémologique ? Enfin, Michel de Certeau peut-il être considéré comme un théologien ou simplement comme un intellectuel qui utilise les prémisses théologiques de la même manière qu’il l’a fait avec d’autres savoirs connexes ?

L’appartenance du théologien à l’institution

Qu’elle s’exprime au sein d’institutions universitaires sous juridiction ecclésiastique ou dans un jeu relationnel complexe entre pouvoirs facultaires de l’université d’État et pouvoirs ecclésiastiques de nomination et de contrôle, l’appartenance du théologien à l’institution doit être abordée aujourd’hui sur deux terrains différents, intrinsèquement liés entre eux et en tension. L’article entre dans cette configuration par la théologie en s’interrogeant d’abord sur la mutation contemporaine de l’institutionnalité ecclésiale et sa répercussion sur le positionnement institutionnel du théologien et de la théologienne. Abordée en un deuxième temps, leur appartenance à l’institution universitaire, leur pose la question de savoir pour quelles raisons théologiques ils doivent laisser la place à une pluralité de savoirs, parmi eux les sciences sociales, et entrer en apprentissage par rapport à elles. C’est cette double « formalité » ou « appartenance » institutionnelle, difficile à réaliser en raison de la complexité « transdisciplinaire » qui en résulte et de la diversification culturelle et confessionnelle de ses configurations, qui conduira à situer le charisme du théologien et de la