L’absurde idéal de certitude

Il serait peut-être temps d’en finir avec l’idéal de certitude qui, à bien y penser, doit révéler l’absurdité de sa quête. Il s’agit du moins de donner les quelques raisons que nous avons de soupçonner l’effet de mirage qu’il a longtemps pu susciter chez ceux qui courent après lui. Car, hommes de savoir ou hommes de foi, pour peu qu’on s’attache à ce qu’ils font plutôt qu’à ce qu’ils disent faire ou à ce qu’ils disent plutôt qu’à ce qu’ils disent dire, force sera alors de conclure que dans les faits ils n’ont jamais érigé la certitude absolue au rang de fin suprême.

De la certitude et de l’incertitude de la foi

L’être humain cherche une sécurité dans son rapport au monde et dans sa relation avec lui-même. Il cherche une sécurité aussi face à Dieu. Une vraie sécurité serait donnée par un savoir qui couvre tout, telle est la conviction de l’homme moderne. La certitude est autre chose que la sécurité. Devant Dieu toute sécurité risque d’aboutir à l’idolâtrie. La foi ose un autre rapport à Dieu. Et Dieu ose un autre rapport à l’être humain. C’est en découvrant cette dimension du rapport entre Dieu et l’homme que des théologiens aussi différents que Martin Luther et Saint Ignace de Loyola se rapprochent pour un moment.