Michel de Certeau, Henri de Lubac : une correspondance

CELLAM – Université de Rennes 2 À Henri de Lubac, Michel de Certeau a pu écrire qu’il lui devait sa vocation jésuite et, encore en 1983, « ce qu’il y a de plus essentiel ». Leur correspondance (qui ne nous est connue que par ses lettres) révèle une relation qu’il qualifie de « filiale et fraternelle ». Importante surtout dans les années 1960 – quand il exerce des responsabilités à Christus et se fait l’historien de la spiritualité de la Compagnie à l’époque moderne –, elle s’interrompt ensuite presque complètement ; aussi faisons-nous appel à une autre source, dans une dernière partie de notre étude, pour tenter d’éclairer cette quasi rupture : les lettres entre Lubac et Henri Bouillard.

La Collection « Théologie » (1944-1972)

Université Lumière – Lyon 2 Pour peu qu’elle soit effectivement dirigée, une collection est plus que la somme des ouvrages qu’elle publie. Sa maquette, débattue avec l’éditeur, lui donne certes une allure aisément reconnaissable qui vise à fidéliser le lecteur. Mais elle n’est pas seulement un produit de librairie. Elle a sa vie propre, avec une naissance plus ou moins aisée et des accidents de parcours qui en commandent la longévité : autrement dit une histoire riche de renseignements sur le milieu dont elle est issue. Cette histoire dépend surtout de l’orientation qui lui est donnée et qui commande son insertion dans le débat intellectuel ou littéraire de son temps. La collection devrait donc être partie prenante, et de l’histoire de l’édition, et de l’histoire des idées ou des styles. Or tel n’est guère le cas. Peu nombreuses sont en effet les monographies de collections, alors qu’une histoire de l’édition en plein essor multiplie les monographies d’éditeurs. Comme l’édition religieuse reste le