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Penser la tradition chrétienne aujourd’hui
La conférence aborde le contexte difficile de la genèse des RSR et rend un hommage appuyé au courage de ses fondateurs et à leur feuille de route : « un esprit d’entière soumission aux enseignements autorisés de l’Église catholique et en même temps d’exacte fidélité aux bonnes méthodes scientifiques », pour constater que le dialogue exigeant qu’ils ont essayé de nouer avec la pensée de leur époque demeure aussi nécessaire que jamais. Face à l’actuel pluralisme culturel et religieux à l’échelle planétaire, comment penser la tradition religieuse propre si ce n’est comme un processus vivant, et non comme un système abstrait, anhistorique et figé de dogmes. La distinction entre la Tradition et les multiples traditions contingentes et limitées permet de reconnaître le droit légitime de l’interprétation historique et implique une appropriation pensante, garante d’une réception vivante. Le recours à la « théologie négative », plus sensible au mystère insondable d’un Amour sans mesure, amène la théologie à tout repenser, grâce aux « yeux de la foi », par-delà le relativisme
Théologie de la nature
Le thème de la nature revient dans la pensée contemporaine sous le signe de la menace. C’est parce que la nature est en péril que l’intérêt se porte à nouveau sur elle. Le souci d’éviter une possible catastrophe écologique doit-il nous faire revenir à une « théologie naturelle » où chaque composante du monde serait invitée à occuper son « lieu » sous la conduite du « Moteur immobile » ? Dans le monde catholique en particulier, cette nostalgie n’est pas rare. Mais si l’on tient à un certain « anthropocentrisme chrétien », tout en restant conscient des risques qu’il comporte, comment redonner à la nature un statut théologique ? C’est ici le propos du présent article. Il commence par reprendre la composante anthropologique de l’héritage chrétien qui contraste avec le cosmocentrisme de la pensée antique. Il s’interroge ensuite sur la nouvelle vision de la nature. L’approche globale s’accompagne d’une perspective évolutive que l’on peut qualifier d’« historique », qui invite à s’interroger sur l’avenir du monde, plus ouvert et donc plus risqué, que dans les
Nature et loi naturelle comme concepts théologiques
Dans le cadre de ce dossier, la rédaction a souhaité voir élucidé le rôle et le sens du concept de nature en théologie morale catholique. Car il importe de déjouer les malentendus qui peuvent naître du fait que, d’un côté, de nouveaux et très ambigus naturalismes font aujourd’hui retour dans la culture contemporaine, tandis que, d’un autre côté avec le pontificat de Benoît XVI, la loi naturelle est remise à l’honneur. Cette conjonction peut nourrir bien des amalgames et tentatives de récupération. Pour les déjouer, il importe de prendre la mesure de l’élaboration spécifiquement théologique dont le concept de nature a fait l’objet dans la tradition catholique, puis de comprendre l’originalité de cet enseignement « canonique » que représente la scolastique pour une compréhension de la téléologie de la nature pour l’éthique. Á partir de là, quelques conclusions peuvent être tirées sur ce qu’un tel positionnement assigne encore aujourd’hui au moraliste.
Le concept de nature à l’articulation des savoirs
Le projet de traiter de la nature en lien avec la culture moderne constitue un véritable défi aujourd’hui. Il sera ici conduit en se souvenant d’une parole de Jacques Maritain relevant que toute métaphysique vieillit à raison de la physique qui la sous-tend. Pour cette raison, la première partie sera consacrée à ce que l’on appelle traditionnellement « philosophie de la nature » pour dégager une notion confirmée par l’approche scientifique ; la deuxième traitera de l’image de la nature qui en résulte et la troisième s’attachera à ce qui est spécifiquement humain. Cette étude, cherchant à articuler les divers aspects du savoir humain, espère ainsi pouvoir apporter des éléments à la réflexion théologique.
Peut-on parler de nature dans l’Ancien Testament ?
Ne demanderait-on pas à la Bible de répondre à une question qu’elle ne se pose pas ? On ne trouvera pas en effet dans le corpus biblique un concept de nature aussi affiné et travaillé que celui que nous offre la philosophie grecque, mais plutôt une démarche inchoative qui oriente vers le concept. Si l’on accepte ces prémisses, on évitera le principal écueil où vient s’échouer la plupart des réflexions sur ce sujet en le remplaçant par le concept de création. Or, nature et création ne sont pas permutables, car leurs registres sémantiques ne se recoupent pas entièrement. Après avoir déterminé le statut spécifique de la nature dans la Bible, cet article envisage les différentes relations qui se nouent entre Dieu et la nature d’une part, entre l’homme et les animaux ou les plantes d’autre part, traitant à part des problèmes posés les corps célestes.
Une philosophie de la nature aujourd’hui : état des lieux
À lire le dernier essai de Pierre Kerzberg, ce que nous appelons la nature n’est plus que l’ombre d’elle-même. Avons-nous donc vraiment perdu la nature ? Ne sommes-nous pas en train de redécouvrir ce qu’elle est et ce qu’elle vaut ? Une certaine effervescence existe de fait aujourd’hui qui rend probable un intérêt nouveau pour une philosophie de la nature. Mais discerner ce qu’il en est exactement exige une certaine attention à une longue histoire. La philosophie de la nature que l’on a perdue depuis longtemps et qui éveille toujours la nostalgie est celle des Anciens. Les philosophies modernes de la nature, elles, ne répondent plus au programme de ces cosmologies antiques et médiévales dont le propos est clairement ontologique. Au vu des possibilités qu’atteste l’histoire des philosophies de la nature, on ne peut envisager la situation actuelle à partir de la simple alternative du retour ou du non retour d’une philosophie de la nature que l’on situe en fait dans l’optique