Les images de violence, signe d’absence ?

Même si toute l’expression humaine ne saurait se réduire à l’esthétique littéraire et cinématographique, celle-ci n’en occupe pas moins une place importante dans ce qui révèle le sentiment de l’homme dans son adhésion à l’existence, aussi élaboré soit le cri qu’explicite et déploie cette expression. Liées à des moments de l’histoire, ces formes d’expression les expriment en même temps qu’elles s’en distancient, disant, de façon originale en chaque oeuvre ou en chaque courant, cette résistance de l’humanité à ce qui normalement devrait l’anéantir. De la Shoah (en littérature) aux images de violence dans la cinématographie contemporaine, le témoignage de l’expression et de la résistance interroge le théologien.

L’humanité face au mal, enjeux pour une théologie contemporaine

Restreinte à confronter la question de la souffrance et la question de Dieu, l’étude se développe en quatre parties. La première rappelle comment l’ancienne justification de Dieu a réduit le mal subi ou mal être à un mal agir, un non être, un mieux être. La seconde montre comment une attention vive à la souffrance s’y oppose terme à terme. Celle-ci constitue un mal originaire. Elle présente une forme d’être. Elle n’entre en aucun ordre universel. La troisième partie suit quelques tentatives de la théologie philosophique contemporaine, en particulier avec la pensée du process, pour échapper à une impossible conciliation entre la bonté et la puissance de Dieu. La dernière partie reprend, dans l’horizon de la souffrance ; la foi chrétienne dans l’Esprit, le Christ et le Père : Dieu est contre, avec et par-delà la souffrance.. Si la faiblesse de Dieu ne saurait ressusciter l’homme, Dieu, dans l’absolue liberté de son origine, demeure libre pour aimer et libre de se limiter.

Editorial 90/1 2002

Comme il est de tradition Les années du colloque biennal, organisé par les RSR du 23 au 25 juin prochains, ce premier numéro de 2002 présente un dossier introductif aux travaux des participants. Intitulé « Résister au mal. Cultures et théologie devant le problème du mal », son propos est non seulement d’aborder ce problème avec tout ce qu’il implique de difficultés tant pour l’humanité en général que pour le croyant, mais aussi avec les parades que l’homme parvient (parfois) à se donner sinon pour le résoudre, du moins pour continuer à vivre malgré lui. L’évocation de la littérature et du cinéma en deux articles de P Sevez et de M.-O. Padis témoignent, par nature pour ainsi dire, de cette réaction de survie, tant il est vrai qu’on a fait de la poésie après Auschwitz (Paul Celan, Nelly Sachs), même si pour être plus explicite encore il eût fallu faire allusion à la musique (Penderecki ou Pârt, par ex.), à la Peinture (des

La métaphore diabolique

Qu’est-ce que parler du diable ? Psychologues, sociologues, écrivains ou philosophes se sont emparés de la question et y répondent diverse­ment. Mais plus précisément, que peut et doit dire la théologie scientifi­que dont la compétence se rapporte à une interprétation de la tradition biblique en tant que source et fondement d’énoncés dogmatiques, y compris ceux du Magistère ecclésiastique ? Après avoir examiné les écrits bibliques, et plus largement ceux du Nouveau Testament, après avoir interrogé l’enseignement dogmatique de l’Église qui, en comparaison, reste pauvre, A. Ganoczy dégage quelques grandes lignes de la recherche théologique en cours, précisant au passage les conditions pour rendre plausible une métaphore qui n’est pas un moyen de connaissance néces­sairement déficitaire. Car la métaphore « diable » rend compte d’un mystère pour la foi.

Philosophie, Théologie et Vérité

A partir d’un « stock d’axiomes de toute théologie », J.-Y. Lacoste inscrit à son cahier des charges plusieurs tâches. La première consiste à montrer que « ses » vérités ne sont pas celles de tout le monde. La seconde est celle d’une « précision conceptuelle (et plus, peut-être … ) » inscrite dans la distinction de l’expérience et du langage par et dans lequel elle se dit. Enfin, comme troisième tâche, il entend accomplir une « mise en perspective » ou « mise en critique », celle des instruments conceptuels utilisés. De ce fait, devraient apparaître les grandes lignes d’un protocole d’accord entre instances (philosophie/ théologie, théorisation/contemplation, etc.), capable d’aider à éviter des ornières assez habituelles, que ce soit celle de la sacralisation du Vorzeit (et de ses théories), ou celle du flirt perpétuel avec la nouveauté chérie comme telle. Ces tâches étant évidemment solidaires, il n’est pas question pour J.-Y. Lacoste de les séparer dans son projet.