Questions de théologie. Selon l’Islam.

En révélant le « sens » de la vie humaine, le Coran dévoile aussi la route qu’il faut emprunter pour ne pas se perdre dans ce qui n’est pas salutaire. C’est donc la voie de Dieu qui est révélée. Cette dépendance est telle qu’on ne peut être sauvé que si on agit conformément au projet divin ; ce qui implique l’obéissance à la Loi de Dieu, la « Sharî‘a ». La désobéissance à cette Loi est érosion d’humanité. Se soumettre à la Loi, c’est être pleinement humain. Cette constatation a d’énormes conséquences concernant le rapport entre le christianisme et l’islam. Le christianisme s’attache plutôt à reconnaître en Jésus-Christ la révélation de Dieu et de son amour pour les hommes. Il s’ensuit pour le christianisme une réflexion dogmatique christologique, alors qu’au cœur même de la réflexion théologique musulmane il y a la Sharî‘a. L’herméneutique en christianisme concerne en premier lieu « le dogme » chrétien, alors qu’en islam l’herméneutique contemporaine musulmane a trait aux « maqâsid al-Sharî‘a », les objectifs de la Loi. Qu’en

Impasses et audaces de la Christologie

L’essoufflement de l’inflation christologique comme la résurgence du discours sur Dieu et pas seulement à Dieu, réclamaient une interrogation soutenue, et notamment l’examen du préjugé historiographique qui attribue volontiers l’origine de la dérive christocentrique à la pensée franciscaine. Évolution qui favorise un renouvellement de la théologie du pluralisme religieux ou non-religieux, et la mise en lumière des réinterprétations fécondes du concept et des figures du Médiateur unique ou des intermédiaires dans l’accès à l’être, à la nature et aux témoignages traditionnels ou historiques, comme dans l’inventivité esthétique, morale, sociale, noétique ou scientifique.

Le problème de la conscience en neurobiologie et en anthropologie théologique

L’histoire de la pensée occidentale témoigne de la grande complexité de la réflexion sur le phénomène conscience. La notion étant analogique, philosophes, psychologues, juristes, théologiens, moralistes et récemment neuroscientifiques n’entendent pas sous ce terme les mêmes réalités. Nombre de neurobiologistes font preuve d’une grande modestie ; mais parmi les savants croyants, certains se voient là « affrontés à un mystère », et tout en acceptant « l’évolution de l’homme par la sélection naturelle » parlent d’ « attributs spirituels […] qui ne résultent pas de l’évolution, mais sont d’origine surnaturelle ».Le théologien en dialogue avec des neuroscientifiques, ne peut accepter un tel concordisme qui donne à un problème scientifique une solution relevant d’une croyance religieuse. Cet article entend indiquer quelle théorie de la conscience et de la conscience de soi peut à la fois de respecter les limites des compétences, et présenter des ouvertures vers une théologie de la conscience fondée sur l’anthropologie holistique, donc non dualiste, de la Bible.

Église du Christ et Église catholique

Le document publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 10 juillet 2007 a provoqué dans les milieux œcuméniques un trouble certain. Il est, en effet, indéniable que ce texte illustre un genre littéraire qui, pour traditionnel qu’il puisse être selon les critères magistériels romains, ne saurait faire avancer le dialogue entre l’Église catholique et les autres confessions chrétiennes. Dans quelle mesure même y a-t-il, en l’occurrence, disposition au dialogue ? Les Réponses ont été publiées dans la foulée du motu proprio de Benoît XVI libéralisant les conditions dans lesquelles il devient possible de recourir aux rituels de la messe et des sacrements antérieurs à la réforme liturgique voulue par le dernier concile. Certaines questions viennent à l’esprit. Qui, en l’état actuel des choses, est l’interlocuteur de Rome ? Ne serait-ce pas, en priorité, les catholiques dits traditionalistes ? Qu’en serait-il alors des chrétiens des autres confessions (sans parler du reste de l’humanité) ? Cet article, à partir de questions d’herméneutique,

Conclusion. Vie de Jésus et venue des temps messianiques : à propos d’un conflit d’interprétation permanent

Le but principal et premier de cette conclusion est de mettre en évidence le lien intrinsèque entre les récits de la « vie de Jésus » et le conflit d’interprétation au sujet du Nazaréen, tel qu’il résulte précisément de ses « actes de puissance » et de leur signification messianique ou non. Le deuxième but est d’expliciter l’analogie entre le conflit d’interprétation, tel qu’il se présente à l’époque néotestamentaire, et la figure qu’il prend aujourd’hui au sein du « forum-Jésus », l’enjeu étant d’en dégager la signification proprement théologique.