Créativité éthique dans le champ de la bio-médecine

Une éthique de la bio-médecine s’élabore depuis plus de vingt ans dans des institutions hospitalières, professionnelles ou politiques. Elle vise à protéger les droits de la personne face aux progrès de la techno-science. Elle est pluridisciplinaire et mêle aux chercheurs des penseurs de diverses familles d’esprit. Une aide à la décision est proposée aux praticiens par plusieurs méthodes : les « conférences de consensus » entre experts, les « protocoles » de soins, les « arbres décisionnels » qui connectent toutes les hypothèses possibles et leurs issues prévisibles, l’évaluation médico-économique des coûts et de l’utilité des soins. L’éthique clinique qui commence à être intégrée aux études médicales s’intéresse aux décisions prises, ou à prendre, au chevet du malade. Des méthodes d’analyse de ces cas ont été mises au point, pour tenir compte, notamment, de la situation singulière, physique, mentale, sociale du patient et des modalités de l’expression de sa volonté. Ces analyses et prospectives font appel, entre autres spécialistes, au concours d’«- éthiciens », représentants des diverses « valeurs » spirituelles reconnues dans la

Théologien dans un comité national d’éthique

Les personnes appelées à faire partie d’un comité national d’éthique sont choisies à raison de leurs connaissances pratiques d’un domaine de la recherche biomédicale, ou d’un secteur particulier de la vie sociale, ou d’une tradition philosophique ou spirituelle, – le théologien entrant évidemment dans cette troisième catégorie sans être pour autant le représentant attitré d’une Église. Le bon fonctionnement du comité requiert, comme première base éthique, un apprentissage de la communication entre ces différents experts et une grande attention aux données techniques des questions à élucider. Chaque groupe d’experts aborde, en effet, les enjeux éthiques de ces questions du point de vue propre à leurs disciplines professionnelles ; cependant, à défaut d’intérêts ou de convergences idéologiques, des références communes à la dignité de la personne, aux droits de l’homme, au devoir moral, à la responsabilité, permettent de négocier des compromis prudentiels entre des valeurs opposées. Le théologien intervient dans ces débats, souvent de concert avec le philosophe, pour approfondir l’approche rationnelle des