Bulletin d’histoire moderne XVIe-XVIIIe 102/2

Ce nouveau bulletin a pour but de rendre compte de l’actualité de la recherche en histoire religieuse de la période moderne, c’est-à-dire de la Renaissance à la Révolution. Il sera centré sur l’histoire de la théologie, dans un sens très large, comprenant les idées, la pensée, la culture, dans la mesure où, pendant cette période, la réflexion religieuse se fait de plus en plus en dehors du milieu des théologiens. Si le christianisme occidental, sous toutes ses formes – catholicisme, protestantismes, autres dissidences – sera privilégié, d’autres religions comme le judaïsme ou l’islam, ainsi que les oppositions ou les alternatives aux religions ne seront pas exclues. L’auteur de ce bulletin est lui-même spécialiste de l’histoire religieuse à l’époque moderne et a beaucoup travaillé, en tant qu’historien, aussi bien sur le protestantisme que sur la spiritualité catholique. I. Généralités 1. Hours Bernard, Histoire des ordres religieux, « Que sais-je ? », PUF, Paris, 2012, 127 p. 2. Armogathe Jean-Robert, Histoire des idées religieuses et scientifiques dans l’Europe

Bulletin d’histoire des idées médiévales 102/2

I. Transversales 1. U. Köpf, D. R. Bauer (Hrsg), Kulturkontakte und Rezeptionsvorgänge in der Theologie des 12. und 13. Jahrhunderts, « Archa Verbi » Band 8, Aschendorff Verlag, Münster, 2011. 2. H. P. Neuheuser (Hrsg), Bischofsbild und Bischofssitz. Geistige und geistliche Impulse aus regionalen Zentren des Hochmittelalters, « Archa Verbi » Band 9, Aschendorff Verlag, Münster, 2013. 3. R. Berndt, M. Fédou (éds), Les réceptions des Pères de l’Église au Moyen Âge. Le devenir de la tradition ecclésiale. Congrès du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris (11-14 juin 2008), préparé par N. Bériou, R. Berndt, M. Fédou, A. Oliva et A. Vauchez, Tomes 1 & 2, « Archa Verbi » Band 10, Aschendorff Verlag, Münster, 2013. 4. V. Toneatto, Les Banquiers du Seigneur. Évêques et moines face à la richesse (IVe- début IXe siècle), « Histoire », Presses Universitaires de Rennes, 2012. 5. H. Dey, E. Fentress (éds), Western Monasticism “ante litteram”. The Spaces of Monastic Observance in Late Antiquity and the Early Middle Ages, « Disciplina monastica, studies on Medieval Monastic Life » 7,

« Différences fondatrices » ou « refondation messianique » : de quoi Paul est-il le nom ?

Comment s’articule chez Paul, l’affirmation de la différence homme/femme à l’arrière-plan du texte de Rm 1, 26-27, et sa remise en question en Ga 3, 28 ? L’une, celle de Romains, est-elle première, fondatrice donc structurante et indépassable tandis que l’autre, celle de Galates, serait eschatologique et de ce fait, pour le temps que nous vivons, seulement seconde ? Cet article nous dévoile la grammaire paulinienne qui interroge les distinctions habituelles et qui opère des déplacements, dans un contexte donné.

Bulletin de théologie systématique (I-III : Christologie) 99/2

I. Jésus et le christianisme primitif 1. Université de Strasbourg, De Jésus à Jésus-Christ. I. Le Jésus de l’histoire. Actes du colloque de Strasbourg. 18-19 novembre 2010, « Jésus et Jésus Christ », Mame – Desclée, Paris, 2010, 266 p. 2. Larry W. Hurtado, Le Seigneur Jésus Christ. La dévotion envers Jésus aux premiers temps du christianisme, « Lectio divina », Le Cerf, Paris, 2009, 782 p. 3. Hans Weder, Présent et règne de Dieu. Considérations sur la compréhension du temps chez Jésus et dans le christianisme primitif, « Lectio divina », Le Cerf, Paris, 2009, 98 p. 4. Dan Jaffé, Jésus sous la plume des historiens juifs du XXe siècle. Approche historique, perspectives historiographiques, analyses méthodologiques, « Patrimoines. Judaïsme », Le Cerf, Paris, 2009, 412 p. 5. François Vouga et Jean-François Favre, Pâques ou rien. La résurrection au coeur du Nouveau Testament, Labor et fides, Genève, 2010, 375 p. 6. Enrico Norelli, Marie et les apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et fides, Genève, 2009, 178

Lettres pauliniennes et théologie du Nouveau Testament 99/2

I. Paul 1. C. Reynier, Saint Paul sur les routes du monde romain. Infrastructures, logistique, itinéraires, Cerf – Médiaspaul, Paris, 2009, 294p. 2. R. Penna, Lettera ai Romani. I : Rm 1-5, EDB, Bologna, 2004, 495p. II : Rm 6-11, EDB, Bologna, 2006, 405p. III : Rm 12-16, EDB, Bologna, 2008, 343p. 3. J. Sánchez Bosch, Efesios y Colosenses, ¿dos cartas de Pablo ?, Verbo divino, Estella (Navarra), 2009, 275p. 4. M. Quesnel, Les chrétiens et la loi juive. Une lecture de l’épître aux Romains, Lire la Bible, Cerf, Paris, 2009, 108p. 5. A. Marchadour, L’événement Paul, Bayard, Paris, 2009, 347p. 6. B. Weill, L’accomplissement chez saint Paul expression du rapport entre les deux alliances, Cahiers de la Revue Biblique 72, Gabalda, Pendé, 2009, 190p. 7. J. Schlosser (éd.), Paul et l’unité des chrétiens, Monographie Benedictina – Colloque OEcuménique Paulinien 19, Peeters, Leuven, 2010, 250p. 8. P.-M. Beaude, Saint Paul. L’oeuvre de métamorphose, Cerf, Paris, 2011, 431p. II. Théologie du Nouveau Testament 9. J.H. Greenlee, The Text

À propos de la théologie du péché

1. Paul H. Welte, Ins Böse verstrickt. Versuch einer Neuinterpretation der Erbsündenlehre, « Theologische Orientierungen », N° 12, LIT, Berlin, 2009. 2. François Euvé, Crainte et tremblement. Une histoire du péché, Seuil, Paris, 2010.

Vers une nouvelle théorie des sens ?

D’après Henri de Lubac, « l’interprétation spirituelle des Livres saints n’apportait pas, si l’on peut dire, un surplus au capital religieux déjà possédé mais elle entrait pour une part essentielle dans la constitution de ce capital ». Cette affirmation généalogique et théologique ne vaut pas seulement pour l’exégèse patristique mais se fraie aussi son chemin au sein de l’exégèse critique moderne et contemporaine. Or, cette dernière suppose la distinction entre la Bible comme « classique » ou livre matriciel de la culture européenne et l’Écriture sainte comme livre de l’Église. Une nouvelle « théorie » des sens devra tenir compte de cette différence fondamentale de deux points de vue et retracer, sans vouloir les unifier dans une vision englobante, l’itinéraire de « conversion » qui conduit de l’un à l’autre. Elle pourra dès lors distinguer un sens culturel ou anthropologique, un sens messianique ou christologique et un sens proprement théologique.

Les Pères de l’Église ont-ils quelque chose à dire à l’exégèse biblique aujourd’hui ?

L’exégèse biblique est aujourd’hui en pleine mutation, du fait de sa rencontre avec les sciences du langage et grâce au dialogue désormais entretenu avec la philosophie herméneutique. De ce fait, le paradigme historique n’est plus aussi prégnant que naguère et doit, pour le moins, composer avec d’autres principes épistémologiques. Dès lors – et sans intention préalable – les exégètes retrouvent des connivences avec une herméneutique patristique beaucoup moins étrange qu’il n’y paraissait encore récemment. Un tel changement de regard sur le travail des Pères peut, à l’inverse, rappeler aux exégètes d’aujourd’hui l’intérêt d’une approche attentive au fait canonique et disposée à prendre acte de la polysémie des textes. Ainsi se trouve remise en lumière la part propre au lecteur, au sein d’un processus de communication plus complexe que la seule mise en forme littéraire d’un noyau originel, supposé porteur d’un sens premier accessible par la méthode historique.