Éditorial (103/1)

Parmi les moments significatifs de cette année figure le cinquantième anniversaire du concile Vatican II avec des épisodes aussi décisifs que la Déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, et celle, non moins déterminante, sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes Nostra aetate. Parmi ces religions, c’est avec le judaïsme que, dès son origine, la tradition chrétienne entretient un rapport absolument unique et, ô combien, problématique. Or, toute la figure du christianisme, par son enracinement dans un libre acte de foi et dans un jeu sociétal et religieux complexe, est concernée par cette « reconsidération » théologico-politique qui désormais fait date. Certes, rendue possible par une véritable conversion conciliaire, provoquée par tant de rencontres bi- et multilatérales avec des acteurs de nos sociétés modernes et des membres et représentants d’autres religions, une telle « reconsidération » a été préparée de longue date et poursuivie par des recherches historiques et bibliques qui ont profondément transformé l’image que nous nous faisons aujourd’hui des origines chrétiennes.

Bulletin de théologie sacramentaire 102/4 (2014)

Le dernier bulletin de théologie sacramentaire des RSR datant de 2006 (Alexandre Ganoczy, tome 94/2), nous rendons compte ici d’un grand nombre d’ouvrages, qui sont donc présentés succinctement. Le bulletin est divisé en quatre sections : questions d’anthropologie religieuse ; essais de théologie sacramentaire ; histoire des sacrements et de leur célébration ; questions en débat et recherches. Merci à Jean-Baptiste Sèbe (enseignant à l’Institut Catholique de Paris), qui a bien voulu se charger du livre de M. Klöckener, A. Häussling et R. Messner, en allemand. Par ailleurs, l’ouvrage de Bernard Sesboüé, Invitation à croire, Des sacrements crédibles et désirables, Cerf, 2009, ayant déjà été recensé ici (Michel Fédou RSR 2009, tome 97/4, p. 164), je ne reviendrai pas dessus. I. Questions d’anthropologie religieuse (sacré, rite, symbole) 1. Tarot Camille, Le symbolique et le sacré. Théories de la religion, « Textes à l’appui/Bibliothèque du Mauss », La découverte, Paris, 2008, 911 p. 2. Ries Julien, L’homme et le sacré, « Patrimoines, Histoire des religions », Cerf, Paris, 2009, 529 p.

Bulletin de théologie de la création et science 102/4 (2014)

I. Théologie de la création 1. Euvé François et alii. (Éds.), L’action créatrice. Ce qu’en dit la théologie, DDB, Paris, 2012. 2. Mies Françoise (Éd.), Que soit ! L’idée de création comme don à la pensée, Lessius, Bruxelles, 2013. 3. Pieper Josef, Le concept de création : la « philosophie négative » de saint Thomas d’Aquin, tr. fr. Pierre Blanc, « Josef Pieper », Ad Solem, Paris, 2010. 4. Edwards Denis, How God Acts : Creation, Redemption, and Special Divine Action, « Theology and the sciences », Fortress Press, Minneapolis, 2010. 5. Delio Ilia, The unbearable wholeness of being : God, evolution and the power of love, Orbis Books, Maryknoll, 2013. 6. Clavier Paul, Ex nihilo. 1. L’introduction en philosophie du concept de création ; 2. Les scénarios de « sortie de la création », « Philosophie », Hermann, Paris, 2011. 7. Breuvart Jean-Marie, Le questionnement métaphysique d’A. N. Whitehead, Chromatika, Louvain-la-Neuve, 2013. II. Théologie écologique 8. Pérès Jacques-Noël (Éd.), L’avenir de la terre, un défi pour les Églises, Desclée de Brouwer, Paris, 2010. 9. Barker Margaret, Creation : A Biblical

Éditorial (102/4)

Avec cette livraison, les Recherches de Science Religieuse poursuivent le débat engagé dans le premier numéro de 2010 sous le titre, quelque peu énigmatique sans doute, Philosopher en théologie (RSR 98/1, 6-100) ; à quoi il faudrait joindre les « Quelques remarques sur quelques remarques » de Jean-Luc Marion en 2011 (RSR 99/4, 489-498). Dans ce dossier, rappelons-le, il s’agissait avant tout de rendre compte de l’effort philosophique au sein même de la théologie, effort qui s’est imposé à celle-ci en raison de la disparition d’une philosophia perennis, unique et achevée, en faveur d’un pluralisme indépassable de philosophies et visions du monde. Plus radicalement encore, cet effort avait été nécessité par la critique heideggérienne du destin onto-théologique de la métaphysique occidentale. Progressivement un clivage s’était alors installé en théologie, certains optant, dans la ligne de Heidegger et de Gadamer, pour une pensée herméneutique, tandis que d’autres s’inscrivaient dans « le tournant théologique de la phénoménologie », recevant le « donné » de la Révélation « tel qu’il se donne ». Consulter l’ensemble du

La théologie : Une science fondamentale ?

Peu de théologiens, dans la période contemporaine, oseront user de l’expression « science fondamentale » pour caractériser, voire définir la dimension de scientificité qui revient à la théologie. Dans ce contexte, ce n’est pas le mot de « science » qui pose difficulté mais bien le caractère fondamental attribué à cette science. L’auteur dresse dans un premier temps un état des lieux de cette question disputée avant de considérer le caractère spécifique de la théologie dans le cadre de la révélation et de sa dimension christologique et trinitaire. Ce contenu implique que la théologie-science est aussi une scientia de singularibus.

Est-ce la tâche de « la droite raison » que de « démontrer les fondements de la foi » ?

Exposant la pensée de Dubarle et de Schaeffler sur les relations entre philosophie et théologie, ou plutôt sur l’intérêt d’un exercice philosophique pour la théologie, l’article défend la thèse selon laquelle la recherche de fondements philosophiques pour la théologie résulte d’une naturalisation de la foi religieuse, et d’une confusion entre foi et savoir.

De l’éclosion du christianisme à la « déclosion de la raison » :

Cet article est une analyse du programme de déconstruction du christianisme, proposé par Jean-Luc Nancy, en prêtant une attention particulière au second volume du diptyque. Après avoir rappelé le sens que Heidegger donne à ce terme, l’étude se focalise sur les trois notions centrales de « déclosion de la raison », de « fortuité » et de « raison adorante ». L’étude se termine en adressant douze questions critiques à Nancy.

Philosophie et théologie en procès d’alliance

La théologie est une question disputée en philosophie et nombreux sont les philosophes à se porter à son chevet. Devant tant de sollicitude, le théologien ne peut en rester à une aimable indifférence. Il ne peut oublier que la théologie s’est développée au fil d’un dialogue continu avec la philosophie. Le présent article traite cette question à partir de trois auteurs appartenant à des générations différentes et pour lesquels la théologie est soit libérée, soit congédiée, soit magnifiée. Autant d’invitations à la théologie de clarifier son rapport à l’instance philosophique et à s’assurer de son chemin singulier.

Bulletin d’Histoire de l’exégèse 102/3 (2014)

I. Écriture et formation de la Bible 1. Dav ies Philip R. and Römer Thomas (Éds.), Writing the Bible. Scribes, Scribalism and Script, Acumen, Durham, 2013, 213 p. 2. Babut Jean-Marc, La Bible : le texte en ses contextes. Traduire la Bible. Outils oubliés, « Lire la Bible » 178, Cerf, Paris, 2013, 290 p. 3. McDonald Lee Martin, Formation of the Bible. The Story of the Church’s Canon, Hendrickson Publishers, Peabody, Massachusetts, 2012, 178 p. 4. Dunn James D. G., The Oral Gospel Tradition, Eerdmans, Grand Rapids/Cambridge, 2013, 390 p. 5. Watson Francis, Gospel Writing. A Canonical Perspective, Eerdmans, Grand Rapids/Cambridge, 2013, 665 p. 6. Roth Dieter T., Zimmermann Ruben and Labahn Michael (Éds.), Metaphor, Narrative, and Parables in Q, Mohr Siebeck, Tübingen, 2014, 423 p. II. Réception et intelligence de la Bible 7. Römer Thomas, L’invention de Dieu, Seuil, Paris, 2014, 340 p. 8. Hadas-Lebel Mireille, Une histoire du Messie, Albin Michel, Paris, 2014, 301 p. 9. Causse Jean-Daniel, Cuvillier Elian, Wenin

Bulletin d’Ancien Testament III : Livres historiques et Écrits 102/3 (2014)

Histoire d’Israël Dans cette partie du Bulletin d’Ancien Testament consacrée à l’Histoire d’Israël, deux axes principaux nous ont paru intéressants qui, au final s’interpénètrent. D’abord l’inscription de cette histoire dans son milieu culturel proche-oriental, qu’il s’agisse de la représentation de la divinité ou de la définition du « jeune héros ». Ensuite, la construction de figures singulières qui en amont se nourrissent de cette inscription culturelle et en aval ouvrent à des réceptions plurielles en d’autres contextes, comme le montrera l’exemple de Judith. Seul échappe peut-être à ces deux axes l’ouvrage d’Israël Finkelstein, mais il ne s’en éloigne pas fondamentalement par l’articulation qu’il opère entre récit biblique, histoire et données archéologiques. 1. Finkelstein Israël, Le royaume biblique oublié, Odile Jacob, Paris, 2013, 282 p. 2. Bordreuil P., Briquet-Chatonnet F., Michel C., Les débuts de l’Histoire. Civilisations et cultures du Proche-Orient Ancien, Khéops, Paris, 2014, 518 p. 3. Römer Thomas, L’invention de Dieu, Éds. du Seuil, Paris, 2014, 340 p. 4. Römer Thomas, La