Bulletin d’Histoire de l’exégèse 102/3 (2014)

I. Écriture et formation de la Bible 1. Dav ies Philip R. and Römer Thomas (Éds.), Writing the Bible. Scribes, Scribalism and Script, Acumen, Durham, 2013, 213 p. 2. Babut Jean-Marc, La Bible : le texte en ses contextes. Traduire la Bible. Outils oubliés, « Lire la Bible » 178, Cerf, Paris, 2013, 290 p. 3. McDonald Lee Martin, Formation of the Bible. The Story of the Church’s Canon, Hendrickson Publishers, Peabody, Massachusetts, 2012, 178 p. 4. Dunn James D. G., The Oral Gospel Tradition, Eerdmans, Grand Rapids/Cambridge, 2013, 390 p. 5. Watson Francis, Gospel Writing. A Canonical Perspective, Eerdmans, Grand Rapids/Cambridge, 2013, 665 p. 6. Roth Dieter T., Zimmermann Ruben and Labahn Michael (Éds.), Metaphor, Narrative, and Parables in Q, Mohr Siebeck, Tübingen, 2014, 423 p. II. Réception et intelligence de la Bible 7. Römer Thomas, L’invention de Dieu, Seuil, Paris, 2014, 340 p. 8. Hadas-Lebel Mireille, Une histoire du Messie, Albin Michel, Paris, 2014, 301 p. 9. Causse Jean-Daniel, Cuvillier Elian, Wenin

Bulletin d’Ancien Testament III : Livres historiques et Écrits 102/3 (2014)

Histoire d’Israël Dans cette partie du Bulletin d’Ancien Testament consacrée à l’Histoire d’Israël, deux axes principaux nous ont paru intéressants qui, au final s’interpénètrent. D’abord l’inscription de cette histoire dans son milieu culturel proche-oriental, qu’il s’agisse de la représentation de la divinité ou de la définition du « jeune héros ». Ensuite, la construction de figures singulières qui en amont se nourrissent de cette inscription culturelle et en aval ouvrent à des réceptions plurielles en d’autres contextes, comme le montrera l’exemple de Judith. Seul échappe peut-être à ces deux axes l’ouvrage d’Israël Finkelstein, mais il ne s’en éloigne pas fondamentalement par l’articulation qu’il opère entre récit biblique, histoire et données archéologiques. 1. Finkelstein Israël, Le royaume biblique oublié, Odile Jacob, Paris, 2013, 282 p. 2. Bordreuil P., Briquet-Chatonnet F., Michel C., Les débuts de l’Histoire. Civilisations et cultures du Proche-Orient Ancien, Khéops, Paris, 2014, 518 p. 3. Römer Thomas, L’invention de Dieu, Éds. du Seuil, Paris, 2014, 340 p. 4. Römer Thomas, La

Bulletin d’Ancien Testament II 102/3 (2014)

Ces différents ouvrages offrent un panorama des axes de la recherche actuelle. Par-delà le livre des Douze et des opinions très divergentes sur la manière de l’aborder (regroupement de livres primitivement autonomes ou composition littéraire d’ensemble), de nombreuses questions demeurent quant à l’histoire rédactionnelle de nombreux prophètes. Diverses écoles rédactionnelles contribuent à l’élaboration d’un corpus prophétique et dessinent une figure du prophète et de son implication dans l’histoire de l’alliance. Si le prophète historique nous échappe largement, l’intérêt se porte sur la construction du personnage dans le livre qui lui est attribué. Parallèlement, la recherche continue à explorer le phénomène prophétique à l’aune de sa pratique dans l’ancien Orient, en parcourant sous des angles nouveaux un corpus déjà bien étudié depuis des décennies. De l’histoire à la littérature, de l’archéologie à la sociologie religieuse, la richesse et la complexité du corpus prophétique permettent l’interconnexion de multiples approches.  1. Rico Christophe, La mère de l’Enfant-Roi : Isaïe 7, 14. “Almâ” et “parthenos” dans l’univers

Le corps du témoin. Sur la vision eschatologique du martyr

Dans cet article, deux hypothèses se croisent. La première affirme que l’eschatologie n’est pas une représentation du monde, ni même seulement une conception du temps, mais un mode de vision spécifique. La seconde consiste à inscrire cette vision dans l’institution théologico-politique du martyre, telle qu’elle s’est déployée au début du IIe siècle de notre ère entre judaïsme et christianisme. Une double hypothèse, qui permettra de parler d’une vision eschatologique du martyr, mais aussi de questionner la construction d’un nouveau corps collectif devant le témoignage du martyr.

Reprise conclusive

Opérant, dans un premier temps, une « relecture » du dossier préparatoire et, dans un second, du colloque sur la thématique « Penser la différence dans la crise culturelle de l’Europe. L’expérience chrétienne revisitée », la présente contribution propose, dans un troisième moment, quatre pistes de réflexion qui sont autant d’enjeux pour la crédibilité du discours théologique et de l’expérience chrétienne dans le contexte contemporain. La première a trait au statut du discours théologique, la deuxième s’interroge sur la référence à la tradition, la troisième souhaite réhabiliter l’anthropologie théologale propre à la tradition chrétienne, et la quatrième se penche sur les dimensions et tâches de l’éthique chrétienne.

Pour une anthropologie théologique de la différence

Une théologie qui voudrait faire entendre sa voix dans le débat actuel sur les deux différences majeures qui nous constituent – notre place parmi les vivants et notre bisexualité – et présenter la tradition chrétienne comme une véritable « source », devra accepter de refaire le travail d’interprétation que d’autres ont fourni sur ces questions, dans de tout autres conditions, au début du christianisme et à l’époque de la chrétienté. C’est ce que l’article esquisse à partir de la dimension eschatologique de notre expérience baptismale, bien mieux située pour rendre compte de nos différences que ne l’était le mythe des origines, plusieurs fois revisité jusqu’à ce qu’il trouve sa forme moderne. L’enjeu est de montrer ce que cette expérience eschatologique permet de discerner comme force d’humanisation et menace de déshumanisation au sein des systèmes de distinction et de relation, tels qu’ils se présentent aujourd’hui dans nos sociétés européennes.

Anthropologie et bioéthique : réflexions à partir de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles »

Élaborée comme une réflexion de théologie morale à partir de l’article de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles », cette contribution souligne d’abord l’apport majeur de l’identification des fonctions universelles structurant les systèmes de parenté. Elle interroge ensuite les trois premières « positions théoriques » (rapport de la sexualité à la société, nécessité de l’intervention d’un tiers pour faire du foetus un enfant, rapport de la famille à la société) pour formuler quelques remarques sur l’articulation entre anthropologie et bioéthique ainsi que sur la régulation des nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques biomédicales.

Systèmes de parenté et des formes de famille

L’histoire humaine dans la diversité de ses systèmes sociaux et culturels n’échappe pas à la pensée « scientifique ». L’enjeu de cet article sera de montrer qu’il existe des approches, des méthodes au sein des sciences sociales, dont l’anthropologie sociale, qui permettent d’éclairer les logiques de fonctionnement des sociétés, ainsi que les modes de pensée des acteurs engagés dans la reproduction et l’évolution de ces sociétés. Les fonctions de la parenté sont universelles, mais elles sont assumées par des personnes différentes, selon les principes qui organisent les systèmes de parenté. Ceux-ci sont en nombre limité. Et en Occident, le système dominant appartient au type de système baptisé par les anthropologues du mot « eskimo ».