Théologie politique et doctrines républicaines en France de 1875 à 1914

Les Républicains français poursuivent la mise en œuvre du projet de société des Lumières, dans la ligne, volontiers anticléricale, de la sécularisation de la société. Rejetant l’idée de l’utilité sociale de la religion, ils lui opposent l’idéal d’un humanisme laic, censé capable de satisfaire les aspirations les plus hautes des hommes. Ils entendent aussi fonder l’État sur la souveraineté populaire, les droits de l’hornme et les libertés civiques. Léon XIII combat inlassablement ces conceptions de la société et de l’autorité qui ne font pas référence à Dieu, ni ne respectent le Statut auquel l’Église a droit, et ne peuvent que causer la ruine des États et des Peuples. L’effort du Pape de « rallier » les catholiques monarchistes à la République n’empêcha pas la dégradation des relations entre l’Église et l’État. Capable de s’adapter aux situations qu’elle réprouvait (par la distinction de la thèse et de l’hypothèse), la pensée politique de Léon XIII et des théologiens romains a toujours revendiqué avec intransigeance la

L’officinal Bolognese et Vatican II

L’Officina bolognese n’est pas à proprement parler une école théologique, même si l’Institut pour les Sciences Religieuses de Bologne reçoit souvent, surtout de la part des théologiens, la dénomination d’« école de Bologne ». En effet, on n’y enseigne pas la théologie, même si, depuis le début, des théologiens professionnels y ont œuvré. C’est simplement un lieu de recherche plurielle sur l’histoire du christianisme, conduite selon les canons actuels de la recherche historico-critique. Évidemment, dans la mesure où la réflexion théologique fait partie de la dimension historique du christianisme, elle aussi devient objet de recherche. Le terme « officina » (en français?: atelier) évoque plutôt un lieu de travail commun. L’Institut pour les Sciences Religieuses fut fondé en 1953 par Giuseppe Dossetti (1913-1996) et dirigé ensuite, à partir de 1959, par Giuseppe Alberigo (1926-2007). Dès le commencement, les chercheurs de l’Institut ont cultivé l’intérêt pour l’histoire des conciles. Le fruit le plus connu de cet intérêt est l’édition critique des décrets des conciles œcuméniques (Conciliorum Oecumenicorum

Quo Vadis ? Au sujet de l’importance du Concile Vatican II …

Cinquante ans après le début de Vatican II , la discussion intellectuelle au sujet du concile et de ses textes perdure, dans une grande diversité des approches et, avant tout, un débat contradictoire quant à son évaluation fondamentale et son importance. Dans ce cadre, se pose la question de l’évaluation des affirmations du concile Vatican II sous l’angle de lavérité enseignée et du caractère obligatoire des documents qu’il a produits. L’auteur de cet article, partie prenante du grand commentaire de Herder, a posé la question du statut du discours que portent les textes du concile. Le cinquième volume du commentaire propose ainsi une clé, en définissant le corpus des textes de Vatican II comme un « texte constitutionnel de la foi ». En tant que tel, il a un caractère magistériel obligatoire, mais reste aussi fondamentalement ouvert, tributaire de sa traduction concrète dans la praxis croyante du peuple de Dieu, de la gouvernance ecclésiale, du travail théologico-canonique, et de la formulation des règles.

Penser la différence…

C’est à une crise culturelle sans précédent que le christianisme européen se trouve aujourd’hui confronté, et particulièrement dans le champ de l’anthropologie. Jusqu’à une époque récente, les contestations dont il faisait l’objet n’empêchaient pas – du moins de façon générale – un certain consensus de fond : sur les représentations élémentaires de l’être humain, de la différence homme-femme, de la vie en société, ou encore du rapport à la nature.