La chute de Rome, une rupture dans le rapport au temps et à l’histoire ?

La chute de Rome semble marquer un tournant inexorable dans le rapport au temps et à l’histoire. Mais, plus que la fin du monde, n’est-ce pas la fin d’un monde ? En écrivant la Cité de Dieu, saint Augustin devra se situer tout à la fois vis-à-vis des païens qui accusèrent les chrétiens d’être responsables de ce désastre et des chrétiens désemparés par l’invasion barbare. Ne peut-on pas y voir, en reprenant Hannah Arendt, un commencement, qui, selon ses propres termes, apparaît toujours comme un miracle ?

Le deuil mystique

Université de Lausanne Et maintenant, Seigneur, c’est déjà du passé, et avec le temps ma blessure s’est adoucie. Puis-je apprendre de toi qui es Vérité et appliquer l’oreille à ta bouche pour que tu me le dises, pourquoi les larmes sont douces aux malheureux, ou bien, quoique tu sois partout présent, as-tu rejeté loin de toi notre malheureux, et demeures-tu en toi, tandis que nous roulons dans les épreuves ? Et pourtant, si nous ne pleurions pas à tes oreilles, il ne resterait rien de notre espérance. D’où vient donc que sur l’amertume de la vie on cueille un fruit suave : gémir, pleurer, soupirer et se plaindre ? Y aurait-il là de la douceur, parce que nous espérons que tu entends ? C’est bien ainsi que les prières qui impliquent en effet le désir de parvenir au but mais dans la douleur d’une perte et dans le deuil où j’étais alors plongé (num in dolore amissae rei et luctu, quo tunc operiebar) […] ?