Anthropologie et bioéthique : réflexions à partir de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles »

Élaborée comme une réflexion de théologie morale à partir de l’article de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles », cette contribution souligne d’abord l’apport majeur de l’identification des fonctions universelles structurant les systèmes de parenté. Elle interroge ensuite les trois premières « positions théoriques » (rapport de la sexualité à la société, nécessité de l’intervention d’un tiers pour faire du foetus un enfant, rapport de la famille à la société) pour formuler quelques remarques sur l’articulation entre anthropologie et bioéthique ainsi que sur la régulation des nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques biomédicales.

Systèmes de parenté et des formes de famille

L’histoire humaine dans la diversité de ses systèmes sociaux et culturels n’échappe pas à la pensée « scientifique ». L’enjeu de cet article sera de montrer qu’il existe des approches, des méthodes au sein des sciences sociales, dont l’anthropologie sociale, qui permettent d’éclairer les logiques de fonctionnement des sociétés, ainsi que les modes de pensée des acteurs engagés dans la reproduction et l’évolution de ces sociétés. Les fonctions de la parenté sont universelles, mais elles sont assumées par des personnes différentes, selon les principes qui organisent les systèmes de parenté. Ceux-ci sont en nombre limité. Et en Occident, le système dominant appartient au type de système baptisé par les anthropologues du mot « eskimo ».