Conclusion. Vie de Jésus et venue des temps messianiques : à propos d’un conflit d’interprétation permanent

Le but principal et premier de cette conclusion est de mettre en évidence le lien intrinsèque entre les récits de la « vie de Jésus » et le conflit d’interprétation au sujet du Nazaréen, tel qu’il résulte précisément de ses « actes de puissance » et de leur signification messianique ou non. Le deuxième but est d’expliciter l’analogie entre le conflit d’interprétation, tel qu’il se présente à l’époque néotestamentaire, et la figure qu’il prend aujourd’hui au sein du « forum-Jésus », l’enjeu étant d’en dégager la signification proprement théologique.

« Quelle messianité en acte donne à voir la figure de l’homme Jésus ?

Quelle messianité en acte donne à voir la figure de l’homme Jésus ? L’introduction au colloque se demande s’il y a une possible et légitime « théologie de la vie de Jésus ». On verra que la réponse peut être positive, mais à condition de bien préciser les termes et l’usage qu’on en fait. Une « théologie de la vie de Jésus » ? Mais comme il y a ou peut y avoir des perspectives théologiques à proposer de toutes les réalités du monde, et tout particulièrement en ce qu’elles sont en lien à du social et à de l’idéologique. Or, la vie de Jésus est bien une réalité du monde, parmi d’autres, et elle est bien – oh combien ! – liée à des jeux sociaux et idéologiques. Une « théologie de la vie de Jésus » ? Oui, mais comme théologie justement, et théologie articulée au réel, ici humain.

Note à l’issue du colloque RSR « Christologie et Histoire de Jésus »

Dans cette note à l’issue du colloque, J. Moingt met en cause la possibilité d’établir sur des bases historiques solides une théologie de la vie de Jésus, une christologie messianique de l’accomplissement des Écritures par l’activité thaumaturgique de Jésus, qu’il serait loisible d’élever ensuite à une haute christologie, peut-être même sans avoir besoin de passer par sa résurrection. Il revient par là-même sur la position et le travail respectif du théologien et de l’historien, et les enjeux de la première, deuxième et troisième quête du Jésus historique.

La question christologique : une théologie de la vie de Jésus ?

Puisque l’ouvrage de Meier s’intéresse au Jésus historique et qu’il s’efforce d’en préciser peu à peu le « portrait », il est légitime de se demander si les enquêtes ainsi menées permettent d’envisager aujourd’hui une nouvelle théologie de la vie de Jésus, et, si oui, à quelles conditions. Les trois séries de réflexions ici proposées – sur la position de Jésus dans le monde juif, sur ses miracles, et finalement sur la question de son identité – permettent d’apporter une première réponse à cette question.