Ministères et charismes dans les principales traditions chrétiennes

Penser tout « ministère » en Église comme un « charisme », c’est-à-dire comme une réalité donnée par l’Esprit-Saint en vue de l’édification de l’Église, voilà l’un des enjeux importants de la théologie des ministères, aujourd’hui comme hier, à la suite notamment des écrits pauliniens. Cela peut nous conduire à mettre en évidence, avant de nous intéresser à ce qui distingue les laïcs des clercs, le socle commun que représente le sacerdoce (ou le ministère, compris ici au sens de « service ») de tous les fidèles. Malgré tout ce qui sépare encore les protestants des catholiques-romains et des orthodoxes sur les questions qui ont trait aux ministères, d’importantes avancées ont été faites depuis le milieu du 20e siècle sur la dimension « charismatique » des ministères. Le présent article met en lumière certaines de ces avancées, comme aussi certaines spécificités propres à chacun de ces trois traditions ecclésiales.

Les ministères remis sur le métier

Le quadrillage total du territoire associant à chaque espace paroissial un curé touche en France à sa fin, le nombre de prêtres étant aujourd’hui insuffisant pour y faire face. Par ailleurs, les scandales sexuels, qui ont éclaté en 2018-2019, conduisent à la dénonciation du « cléricalisme ». Dans ce contexte, la réflexion sur les ministères, c’est-à-dire sur les acteurs et actrices légitimes pour prendre en charge le travail religieux, est rouverte. Deux principales options semblent considérées.