Penser globalement, agir localement : une maxime pour l’écologie politique ?
« Penser globalement, agir localement » ? Bien trouvée dans les années 1970 alors que la crise environnementale prenait une ampleur planétaire, la formule a perdu peu à peu de sa pertinence. Certes le global a pris de plus en plus d’importance, c’est au niveau global que se sont concertés les scientifiques et réunis les politiques. Mais outre qu’elle a révélé ses limites (elle lance l’alerte mais ne permet pas d’agir) cette globalisation extrême a occulté les actions locales, les faisant paraître négligeables. Elles existent pourtant, multiples, vivaces, inventives. Pour dépasser la scission entre une globalité terrifiante et des localismes éparpillés, il faut réinterroger les notions de global et de local. Il ne s’agit pas tant d’opposer le global et le local que de distinguer deux types de globalisation. L’une qui homogénéise la diversité des données dans une globalité préexistante héritée de l’espace et du temps galiléo-newtoniens. L’autre, que l’on peut nommer mondialisation, qui correspond à l’ensemble des processus par lesquels les vivants,