Pour une théologie de la reconnaissance

Charismes et institution font-ils bon ménage ? Cette contribution cherche réponse en traversant quelques épîtres pauliniennes. D’abord l’épître aux Galates, pour relire les fondements de l’argumentation paulinienne en matière de service. Puis la première aux Corinthiens, pour penser la réalité nouvelle qui règne sur l’organisation de la communauté. Enfin l’épître aux Éphésiens, pour réfléchir avec les successeurs de Paul à la dimension cosmologique de l’œuvre commune des serviteurs. Cette traversée scripturaire met au jour une théologie de la reconnaissance : la reconnaissance des charismes que Dieu a gracieusement prodigués à chacune et chacun en vue de prendre efficacement ses responsabilités de croyant dans le monde.

De la tradition synodale à l’événement synodal ou comment la Bible interroge la pratique

Les auteurs du NT n’emploient pas le mot synode (littéralement « chemin commun) et ne connaissent pas la notion de synodalité. Mais leurs récits explorent ce que signifie « être en chemin avec le Christ », cherchant ainsi à susciter un véritable événement synodal. Après une nécessaire clarification de l’usage de la Bible pour la réflexion ecclésiologique en tradition luthéro-réformée, la lecture de quelques récits (Ac 15 ; Ga 2 ; Lc 24 ; Jn 20 ; Phm) met au jour les principaux enjeux théologiques liés à la synodalité de l’Église. La pluralité des voix rassemblées en un même corpus invite à une liberté pragmatique nouvelle en matière synodale, une liberté fondée en Christ.