Le renouvellement ecclésial en Afrique, en particulier à travers la place des femmes

Malgré les défis de la marginalisation et de la violence, les femmes restent des piliers essentiels dans la vie sociale et ecclésiale en Afrique. Leur participation active et leur résilience face aux structures patriarcales contribuent au processus de renouvellement ecclésial enraciné dans la reconnaissance mutuelle comme fils et filles de Dieu partageant la même dignité baptismale. Le chemin vers une Église vraiment inclusive nécessite des actions concrètes menées par tous.

Les Ateliers Où Atterrir ?

Cette communication revient sur la genèse du projet des Ateliers Où atterrir ? qui est à chercher dans la pensée et les intuitions du philosophe et sociologue Bruno Latour. Elle présente concrètement ces Ateliers, un parcours d’exercices. S’appuyant sur une relecture anthropologique de l’expérience, les auteures précisent le type de transformation recherché : une conversion appelée « atterrissage » qui interroge tout à la fois le lien des collectifs chrétiens à leurs territoires et ces territoires eux-mêmes, redéfinis dans l’expérience.

Le salut de l’Évangile et les saluts de l’Église

Dans une Église idéale, la sotériologie devrait pouvoir se confondre avec l’ecclésiologie. En effet, quelle autre réalisation du salut peut-on espérer que l’Église ? Autant cette affirmation ravira certains théologiens, autant elle choquera la plupart de nos contemporains, tellement le vécu ecclésial est éloigné, dans la pratique de toutes les communautés, d’une expérience de salut. Cette tension entre sotériologie et ecclésiologie est due au fait qu’une Église « idéale », cela n’existe pas dans l’histoire ; c’est bien l’histoire qui est l’élément déterminant pour distinguer salut et Église et qui pourrait inspirer le sursaut susceptible de mener à un renouveau.

L’immédiateté de Dieu dans l’ordinaire de la vie chrétienne : les charismes au service d’une Église synodale

La théologie des charismes pâtit jusqu’à aujourd’hui d’une assimilation des charismes à l’« extraordinaire » : Dieu ne pourrait se donner de manière immédiate que dans l’« extraordinaire ». Cet article vise au contraire à mettre en évidence comment les charismes s’inscrivent dans l’ordinaire de la vie vertueuse et se déploient en vocations au service du Royaume. Dans cette perspective, en conjonction avec le sensus fidei, ils contribuent au discernement de l’Esprit à l’œuvre dans l’Église, appelée à être toujours plus authentiquement synodale.

Les sacrements et l’Église-sacrement

Les écrits de Rahner sur les sacrements et sur l’Église témoignent d’une attention aiguë aux questions pastorales de son temps. À travers les réponses données à celles-ci, ils reflètent surtout quelques orientations essentielles que l’article s’efforce de mettre en évidence. Parmi les thèmes centraux figure celui de l’Église comme sacrement. Les objections que ce thème a suscitées sont à entendre, mais ne doivent pas empêcher de retrouver, en amont des débats sur la sacramentalité de l’Église, les vues profondes de Rahner sur la Parole sacramentelle et sur le symbolisme sacramentel. Sans doute est-ce à cette condition que l’on peut au mieux éprouver la puissance d’inspiration dont la théologie rahnérienne est porteuse à propos de l’Église et des sacrements – une théologie qui est à comprendre avant tout comme une théologie de la grâce et de son incarnation dans l’histoire du monde.

Pour une théologie de la reconnaissance

Charismes et institution font-ils bon ménage ? Cette contribution cherche réponse en traversant quelques épîtres pauliniennes. D’abord l’épître aux Galates, pour relire les fondements de l’argumentation paulinienne en matière de service. Puis la première aux Corinthiens, pour penser la réalité nouvelle qui règne sur l’organisation de la communauté. Enfin l’épître aux Éphésiens, pour réfléchir avec les successeurs de Paul à la dimension cosmologique de l’œuvre commune des serviteurs. Cette traversée scripturaire met au jour une théologie de la reconnaissance : la reconnaissance des charismes que Dieu a gracieusement prodigués à chacune et chacun en vue de prendre efficacement ses responsabilités de croyant dans le monde.

Reprise de la problématique du colloque. La synodalité de l’Église, réalités et perspectives

La synodalité de l’Église, telle qu’on peut l’appréhender à partir des contributions du numéro préparatoire au colloque, prolongées par des réflexions plus personnelles, ne se limite pas aux assemblées et aux conseils qui la symbolisent. Elle concerne aussi bien l’organisation de l’Église que sa relation au Message qui la constitue. Elle invite à s’interroger sur la dialectique « personnel-collégial (ou synodal)-communautaire », et éventuellement à en réformer l’exercice. Elle implique une culture du consensus, mais aussi du débat. Et sans doute cette synodalité a-t-elle à voir avec la lutte contre ce qu’un François dénonce sous le nom de « cléricalisme ».

La force de la « collégialité » aux conférences du Celam : une route historique et théologique lors de la conférence de Medellín (1968)

L’Église avance en fonction des défis de chaque époque comme le montrent les Conférences épiscopales. Par-delà cette histoire, la présente contribution cherche à relever comment la collégialité épiscopale est une manière d’être Église et comment, pour le cas de l’Amérique Latine, elle est l’expression de la synodalité de l’Église traduisant le désir commun d’être peuple de Dieu. La conférence de Medellin a amplifié cet exercice de la synodalité, amenant l’Église de ce continent à ne plus se voir comme « Église-reflet » des autres Églises mais comme « Église-source ». Cette manière de travailler montre qu’il est possible que l’institution soit au service de la société et non d’elle-même.

Corpus mysticum revisité

Corpus mysticum demeure l’un des principaux ouvrages de Henri de Lubac. À la relecture, il apparaît que son but principal – restaurer la dimension ecclésiale de l’eucharistie – est inséparable d’une réflexion sur la sacramentalité. En même temps que l’adjectif «mystique» en venait à qualifier l’Église plutôt que l’eucharistie, son sens s’affaiblissait. Dans la réflexion et la piété eucharistiques, on tendait à dissocier, sinon à opposer, « réalité » et « symbole », à dévaluer le registre du symbolique/sacramentel au profit de la « vérité ». Que les inflexions remontent au IXe ou au XIe siècle, une perte en venait à affecter la compréhension du mystère eucharistique, les questions se posant de savoir dans quelle mesure la théologie ultérieure devait s’en trouver affectée. L’ouvrage érudit du théologien jésuite avait donc une dimension militante, qui ne pouvait qu’affecter sa réception, mais devait se révéler à plus long terme riche de ressources.

Église catholique, réforme et méthodologie oecuménique

La méthodologie du consensus différencié, mise en œuvre dans le dialogue luthéro-catholique, a permis d’obtenir un accord historique sur la justification. Elle a d’ores et déjà pu être appliquée à d’autres sujets. Elle ne saurait toutefois être considérée comme la voie unique dans le processus de recomposition de l’unité. Une meilleure articulation avec la notion de réforme permet de mettre en évidence ce que l’interpellation luthérienne garde d’actuel, sans pour autant figer le débat à un stade historique de cimentation des différences confessionnelles.