“Du temps ? On n’en a pas !”

La modernité a pensé le progrès à partir du paradigme d’un espace euclidien plat. Or l’incertitude de notre époque est liée à l’inadaptation de cette topologie à la complexité du nouvel espace-temps fermé sur lui-même mais ouvert intérieurement, par exemple par les enjeux écologiques. Fermé et ouvert sont en relation duale. Cette dualité conduit à penser la complexité à partir des bords, des marges, de l’altérité, ici des très pauvres. Leur être au monde suggère une manière prophétique de traverser l’Apocalypse : entre le temps de l’urgence et le temps du projet politique s’ouvre une façon de vivre non dans l’anxiété de la fin des temps, mais dans la confiance d’« une présence de la fin dans ce temps à vivre ».

L’immédiateté de Dieu dans l’ordinaire de la vie chrétienne : les charismes au service d’une Église synodale

La théologie des charismes pâtit jusqu’à aujourd’hui d’une assimilation des charismes à l’« extraordinaire » : Dieu ne pourrait se donner de manière immédiate que dans l’« extraordinaire ». Cet article vise au contraire à mettre en évidence comment les charismes s’inscrivent dans l’ordinaire de la vie vertueuse et se déploient en vocations au service du Royaume. Dans cette perspective, en conjonction avec le sensus fidei, ils contribuent au discernement de l’Esprit à l’œuvre dans l’Église, appelée à être toujours plus authentiquement synodale.