La miséricorde qui rend justice : une perspective thomiste

L’éthique de la miséricorde promue par l’Église comme réponse aux abus sexuels commis en son sein risque de renforcer l’injustice à l’égard de ceux et de celles qui en ont été les victimes. Le présent essai examine les relations intégrales entre la miséricorde et la justice en passant en revue les réflexions de Thomas d’Aquin à ce propos. Sur cette base, est développé un argument théologique, scripturaire et éthique selon lequel une miséricorde qui néglige la justice n’est pas une vertu véritable, mais contrefaite et bon marché. Seule une éthique de vraie miséricorde est à même de stimuler et de guider la réponse de l’Église aux abus sexuels en son sein et une nécessaire réforme institutionnelle.

L’immédiateté de Dieu dans l’ordinaire de la vie chrétienne : les charismes au service d’une Église synodale

La théologie des charismes pâtit jusqu’à aujourd’hui d’une assimilation des charismes à l’« extraordinaire » : Dieu ne pourrait se donner de manière immédiate que dans l’« extraordinaire ». Cet article vise au contraire à mettre en évidence comment les charismes s’inscrivent dans l’ordinaire de la vie vertueuse et se déploient en vocations au service du Royaume. Dans cette perspective, en conjonction avec le sensus fidei, ils contribuent au discernement de l’Esprit à l’œuvre dans l’Église, appelée à être toujours plus authentiquement synodale.

La connaissance humaine du Christ. Exégèse, théologie contemporaine et Thomas d’Aquin

Après avoir présenté trois principes fondamentaux en christologie, nous appliquerons à la connaissance humaine du Christ la déclaration du concile de Chalcédoine selon laquelle ses deux natures, divine et humaine, ne doivent être ni confondues ni séparées. Nous considérerons l’apport de divers exégètes et théologiens comme Balthasar, Rahner et Pannenberg, et nous offrirons une reprise critique de la position de Thomas d’Aquin, en modifiant sa compréhension des trois genres de connaissance qu’il distingue en Jésus : vision béatifique, connaissance infuse et connaissance acquise.