Socialité et historicité de la théologie

Entre fortes aspirations au dialogue avec les sciences sociales et mise à distance, la théologie montre un déficit de prise en compte de sa propre socialité et de son historicité, sans une sociologie et une histoire pragmatiques et pratiques de la construction du savoir théologique. La théologie contemporaine est ainsi exposée tant au risque de l’enfermement dans une forme d’auto-référentialité, qu’au risque contraire de sa dilution dans une extra-référentialité. Le déficit de vrai tournant historique et l’instauration d’un rapport discontinu à l’histoire renforcent ces difficultés. Ici se joue tout l’enjeu de la réflexivité, qui va bien au-delà d’une clarification des modes de fonctionnement de la théologie mais relève aussi des effets ecclésiaux. Pour qu’advienne une théologie réflexive, une démarche proprement historienne, replaçant la socialité de la théologie dans sa variabilité historique, est nécessaire.