La chute de Rome, une rupture dans le rapport au temps et à l’histoire ?

La chute de Rome semble marquer un tournant inexorable dans le rapport au temps et à l’histoire. Mais, plus que la fin du monde, n’est-ce pas la fin d’un monde ? En écrivant la Cité de Dieu, saint Augustin devra se situer tout à la fois vis-à-vis des païens qui accusèrent les chrétiens d’être responsables de ce désastre et des chrétiens désemparés par l’invasion barbare. Ne peut-on pas y voir, en reprenant Hannah Arendt, un commencement, qui, selon ses propres termes, apparaît toujours comme un miracle ?

Pouvons-nous nous adresser à Dieu ? Et si oui, que faisons-nous ?

La prière est un phénomène étonnant. Les uns y tiennent de tout cœur, les autres la prennent pour un acte de superstition. L’auteur s’intéresse au mode spécifique de parler qui caractérise la prière. Qui prie, à vrai dire ? Seulement celui qui s’adresse à Dieu, ou – avec lui – aussi celui à qui la prière est adressée ? En s’engageant sur cette piste, des questions diverses, comme celle de la possibilité (ou impossibilité) de la prière, de son exaucement (ou non), de son caractère illusoire (ou non) rencontrent des réponses imprévues. Que faisons-nous avec nos paroles, et nos paroles, que font-elles de nous, quand nous prions ?

Le deuil mystique

Université de Lausanne Et maintenant, Seigneur, c’est déjà du passé, et avec le temps ma blessure s’est adoucie. Puis-je apprendre de toi qui es Vérité et appliquer l’oreille à ta bouche pour que tu me le dises, pourquoi les larmes sont douces aux malheureux, ou bien, quoique tu sois partout présent, as-tu rejeté loin de toi notre malheureux, et demeures-tu en toi, tandis que nous roulons dans les épreuves ? Et pourtant, si nous ne pleurions pas à tes oreilles, il ne resterait rien de notre espérance. D’où vient donc que sur l’amertume de la vie on cueille un fruit suave : gémir, pleurer, soupirer et se plaindre ? Y aurait-il là de la douceur, parce que nous espérons que tu entends ? C’est bien ainsi que les prières qui impliquent en effet le désir de parvenir au but mais dans la douleur d’une perte et dans le deuil où j’étais alors plongé (num in dolore amissae rei et luctu, quo tunc operiebar) […] ?

La théologie : Une science fondamentale ?

Peu de théologiens, dans la période contemporaine, oseront user de l’expression « science fondamentale » pour caractériser, voire définir la dimension de scientificité qui revient à la théologie. Dans ce contexte, ce n’est pas le mot de « science » qui pose difficulté mais bien le caractère fondamental attribué à cette science. L’auteur dresse dans un premier temps un état des lieux de cette question disputée avant de considérer le caractère spécifique de la théologie dans le cadre de la révélation et de sa dimension christologique et trinitaire. Ce contenu implique que la théologie-science est aussi une scientia de singularibus.