L’impardonnable selon Matthieu : la mise en garde nécessaire à l’événement du pardon

La terminologie du pardon se trouve inégalement répartie parmi les livres du Nouveau Testament. Absent de sa correspondance, le pardon n’est pas une notion nécessaire à Paul pour proclamer l’Évangile. À la suite de l’apôtre, Matthieu pense l’existence humaine à la lumière nouvelle de l’événement de la croix, et réfléchit à ce que pardonner signifie. Il déploie sa réflexion en quatre tableaux (Mt 6,9-15 ; 9,1-8 ; 12,31-32 ; 18,15-35) pour raconter un pardon compris comme événement transformateur et libérateur, et un impardonnable compris comme une mise en garde nécessaire.

« Que ta volonté soit faite » selon Origène, Grégoire de Nysse et Maxime le Confesseur

L’interprétation du verset du Notre Père : « que ta volonté soit faite » par Origène dans son traité Sur la prière reprend l’idée philosophique stoïco-platonicienne qu’il faut imiter par son intellect le bon ordre du cosmos, mais il présente la figure d’un Dieu paternel, nullement inflexible, mais au contraire réagissant au coup par coup, selon son propre plan, à la quête spirituelle de l’homme et à sa liberté. Grégoire de Nysse dans ses Cinq homélies sur le Notre Père présente une interprétation qui tient davantage compte du lien de l’âme avec le corps : faire la volonté de Dieu, c’est retrouver la santé de l’âme que le Christ médecin a réintroduit en l’homme en soignant le mal par le mal, le mal du péché par le mal de la Croix. Après ses deux prédécesseurs, Maxime le Confesseur, dans sa Brève explication du Notre Père, propose à l’homme d’imiter les anges en se libérant des passions, ou plutôt en réemployant ses passions dans la quête amoureuse par l’intellect de la volonté divine. Pour lui, le Christ à Gethsémani a donné

Pouvons-nous nous adresser à Dieu ? Et si oui, que faisons-nous ?

La prière est un phénomène étonnant. Les uns y tiennent de tout cœur, les autres la prennent pour un acte de superstition. L’auteur s’intéresse au mode spécifique de parler qui caractérise la prière. Qui prie, à vrai dire ? Seulement celui qui s’adresse à Dieu, ou – avec lui – aussi celui à qui la prière est adressée ? En s’engageant sur cette piste, des questions diverses, comme celle de la possibilité (ou impossibilité) de la prière, de son exaucement (ou non), de son caractère illusoire (ou non) rencontrent des réponses imprévues. Que faisons-nous avec nos paroles, et nos paroles, que font-elles de nous, quand nous prions ?