Par sa mort, il a vaincu la mort

La lecture de l’évangile de Marc et de celui de Matthieu, qui pourrait être complétée par ceux de Luc et Jean, impose une claire distinction entre les causes de l’assassinat de Jésus et la raison pour laquelle Jésus a décidé et accepté de faire don de sa vie comme aboutissement de son existence. L’événement de Pâques fait apparaître la dimension transcendante et la signification universelle de cette mort comme victoire sur la mort, et le Nouveau Testament propose une diversité d’interprétations pour en comprendre le sens révélateur de vie et libérateur.

« Que ta volonté soit faite » selon Origène, Grégoire de Nysse et Maxime le Confesseur

L’interprétation du verset du Notre Père : « que ta volonté soit faite » par Origène dans son traité Sur la prière reprend l’idée philosophique stoïco-platonicienne qu’il faut imiter par son intellect le bon ordre du cosmos, mais il présente la figure d’un Dieu paternel, nullement inflexible, mais au contraire réagissant au coup par coup, selon son propre plan, à la quête spirituelle de l’homme et à sa liberté. Grégoire de Nysse dans ses Cinq homélies sur le Notre Père présente une interprétation qui tient davantage compte du lien de l’âme avec le corps : faire la volonté de Dieu, c’est retrouver la santé de l’âme que le Christ médecin a réintroduit en l’homme en soignant le mal par le mal, le mal du péché par le mal de la Croix. Après ses deux prédécesseurs, Maxime le Confesseur, dans sa Brève explication du Notre Père, propose à l’homme d’imiter les anges en se libérant des passions, ou plutôt en réemployant ses passions dans la quête amoureuse par l’intellect de la volonté divine. Pour lui, le Christ à Gethsémani a donné