L’appartenance du théologien à l’institution

Qu’elle s’exprime au sein d’institutions universitaires sous juridiction ecclésiastique ou dans un jeu relationnel complexe entre pouvoirs facultaires de l’université d’État et pouvoirs ecclésiastiques de nomination et de contrôle, l’appartenance du théologien à l’institution doit être abordée aujourd’hui sur deux terrains différents, intrinsèquement liés entre eux et en tension. L’article entre dans cette configuration par la théologie en s’interrogeant d’abord sur la mutation contemporaine de l’institutionnalité ecclésiale et sa répercussion sur le positionnement institutionnel du théologien et de la théologienne. Abordée en un deuxième temps, leur appartenance à l’institution universitaire, leur pose la question de savoir pour quelles raisons théologiques ils doivent laisser la place à une pluralité de savoirs, parmi eux les sciences sociales, et entrer en apprentissage par rapport à elles. C’est cette double « formalité » ou « appartenance » institutionnelle, difficile à réaliser en raison de la complexité « transdisciplinaire » qui en résulte et de la diversification culturelle et confessionnelle de ses configurations, qui conduira à situer le charisme du théologien et de la

L’Église au sein de l’histoire messianique de l’humanité

L’enjeu de cet article est de faire comprendre, dans un même mouvement, ce qui, à l’âge de l’anthropocène, advient à notre commune humanité sur notre terre et ce que la Communio Ecclesiarum est appelée à devenir pour être fidèle à sa mission. Presque soixante ans après l’ouverture de Vatican II, la convocation d’un « synode sur la synodalité » en octobre 2021 élargit la manière de procéder du Concile à l’ensemble des Églises particulières et active ainsi leur statut œcuménique de « peuple messianique » (Lumen gentium, 9). On commencera par expliciter l’enjeu de cette focalisation sur une conception messianique de l’histoire et les possibilités herméneutiques qu’elle nous offre dans la tâche d’interprétation de la situation actuelle de l’humanité sur notre terre et de reconfiguration de la mission de l’Église. On reviendra ensuite sur le concile Vatican II et on précisera comment cette vision messianique peut éclairer les apories du corpus conciliaire, qui se sont révélées lors du processus de réception, et ouvrir ses potentialités d’avenir.