L’absurde idéal de certitude

Il serait peut-être temps d’en finir avec l’idéal de certitude qui, à bien y penser, doit révéler l’absurdité de sa quête. Il s’agit du moins de donner les quelques raisons que nous avons de soupçonner l’effet de mirage qu’il a longtemps pu susciter chez ceux qui courent après lui. Car, hommes de savoir ou hommes de foi, pour peu qu’on s’attache à ce qu’ils font plutôt qu’à ce qu’ils disent faire ou à ce qu’ils disent plutôt qu’à ce qu’ils disent dire, force sera alors de conclure que dans les faits ils n’ont jamais érigé la certitude absolue au rang de fin suprême.

Histoire et théologie : du conflit au multilatéralisme

Le rapport histoire et théologie qui s’est noué dans la crise moderniste a trouvé une issue momentanée avec la catégorie de la tradition créatrice conçue par Maurice Blondel. Il a évolué vers une pensée herméneutique qui a influencé l’exégèse critique de la Bible et l’histoire des dogmes sans être encore aujourd’hui totalement reçue. Une situation nouvelle a découlé d’une culture marquée par subjectivation des individus et leur détraditionnalisation. Leur présent est en crise car la recherche de fondement rencontre les sociétés liquides. Une phénoménologie relisant Heidegger sous la forme d’une apocalypse de la vérité reconduirait jusqu’à Paul de Tarse pour réhabiliter le danger comme une puissance d’imagination créatrice nouvelle. À sa suite, l’article suggère que l’anamnèse chrétienne, chez le même Paul, pourrait fournir aux modernes un recours mieux averti à l’histoire.

« Jusqu’à ce que s’ouvre une voie… » À propos du dernier ouvrage de Joseph Moingt, Croire au Dieu qui vient

Les lecteurs du Père Joseph Moingt auraient pu s’attendre à une ultime synthèse de sa pensée, or ce nouveau volume, Croire au Dieu qui vient, offre bien autre chose. Cet ouvrage suppose un fort engagement personnel de théologien partageant toutefois la difficulté de beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui de réconcilier l’enseignement de l’Église à leurs interrogations à son endroit. C’est une passion qui traverse cet ouvrage, passion ténue parce que portée à la fois par un élan irrésistible vers l’avenir et une patience intellectuelle non moins invincible. Entre foi « établie » et raison « éclairée », un long chemin de réconciliation s’ouvre pour l’auteur et son lecteur.