Pour une nouvelle « catholicité » ecclésiale
Quand on s’interroge sur le type de catholicité ou d’universalité qui convient à l’Église à notre époque de mondialisation, il faut prendre pour objectif direct, non le seul profit de l’Église, mais le service de l’Évangile, et pour base de réflexion, non les structures institutionnelles, mais ce qui est déjà en train de germer dans les communautés chrétiennes. La perspective qui se dessine alors est d’ordre anthropologique et non simplement religieuse : la forme évangélique dont l’Église doit témoigner est celle d’un vivre-ensemble fraternel, d’une capacité de relation ouverte à tous, d’un refus de toute exclusion, d’une ouverture à tout l’humain. Cette orientation permet d’esquisser des figures nouvelles d’ecclésialité, ordonnées au service du monde (diakonia), disséminées dans la société (diaspora), s’accommodant d’appartenances sélectives et provisoires, appelant un fonctionnement nouveau de l’Église locale et de l’autorité centrale. Ces figures sont à créer, l’Évangile le permet et y pousse ; au terme se laisse entrevoir une œcuménicité décentrée et immergée dans l’histoire des hommes.