Attitudes juives à l’égard de non juifs. Références bibliques, talmudiques et actuelles

Quel doit être le comportement éthique du juif à l’égard du non-juif ? Et d’abord qui est cet « autre », cet « étranger », comment le définir et comprendre ce qu’il est, aux yeux de Dieu et par rapport au peuple juif ? La Bible contient des lois qui concernent tous les hommes en général, d’autres le peuple d’Israël en particulier, elle énonce des préceptes relatifs à « autrui », au « prochain », aux « étrangers ». Les Sages de l’époque talmudique ont longuement scruté et commenté ces écritures, le plus souvent à propos de cas concrets, par exemple celui-ci : si le taureau d’un juif agresse celui d’un non-juif, le propriétaire du premier doit-il réparation à celui du second comme il le devrait pour un autre juif ? Dans le cours des temps, des Sages ont rendu sur ce cas d’école des arrêts contradictoires et diversement motivés, par suite vraisemblablement de changements dans la situation des communautés juives au sein de populations étrangères. Plus tard, il arrivera que des textes, qui semblaient préconiser un traitement discriminatoire

Caïn et Abel : le renversement

Un commentaire de Cyrille d’Alexandrie sur Genèse 4. 1-16 illustre tristement l’antijudaïsme de la tradition patristique : meurtrier d’Abel, figure du Christ, Caïn est le père du peuple juif meurtrier de Jésus (ici référence à Jean 8 : 44). Le christianisme a ainsi préparé les voies à l’antisémitisme des temps modernes, comme le déplorait Jean XXIII peu avant sa mort. La théologie et l’exégèse chrétiennes d’aujourd’hui ont dénoncé l’arbitraire et les préjugés erronés d’une telle interprétation, qui transforme la victime en bourreau.

La temporalité chrétienne au regard des problématiques contemporaines de la temporalité

À partir d’une prise en compte de la réflexion actuelle sur la complexité du temps, illustrée par le déploiement des temps dans 1a pratique psychanalytique, il est possible de montrer qu’une spécificité chrétienne du temps est repérable, malgré la diversité des modèles théologiques qui ont pu ou peuvent en rendre compte. C’est la dimension eschatologique de ce temps chrétien qui est par elle-même significative pour nos contemporains, pourvu que les représentations qu’elle véhicule soient soumises à une régulation critique.

Les représentations de la domina chez Jérôme

Désignant des femmes qui ont des droits et exercent des pouvoirs, le mot domina est fréquemment utilisé par Jérôme dans son traité Contre Jovinien et dans ses correspondances féminines. Les acceptions de ce terme, qui vont de l’épouse à la vierge chrétienne, en passant par la maîtresse des esclaves et la supérieure du monastère, donnent une image très claire du contexte socio-culturel qui les vit naître. Le point commun entre ces différentes occurrences est manifestement l’idéal cher à Jérôme, à savoir le mode de vie inspiré des Pères du désert. Elles font voir à quel point la conversion monastique, qui faisait vivre les femmes de haut rang en compagnie de leurs esclaves, pouvait scandaliser l’aristocratie romaine.

La théologie dans la culture. D’autres regards sur le corpus chrétien. Du champ religieux au champ social

La culture occidentale a fortement subi l’influence du corpus chrétien, mais la théologie proprement dite n’est que l’un des canaux par lesquels s’est opérée et continue à s’opérer la pénétration des idées chrétiennes dans la culture. Un sondage très partiel parmi les auteurs contemporains illustre la disponibilité du corpus chrétien, offert à des réinterprétations qui s’appuient sur des compétences (psychanalytique, historienne, littéraire, philosophique … ) autres que théologiques. D’où une première question qui s’adresse aux professionnels de la théologie : dans quelle mesure leur lecture du corpus chrétien se laisse-t-elle influencer par celles que pratiquent des spécialistes d’autres disciplines, et quelle est en définitive la spécificité de la lecture théologique par rapport à celles qui la concurrencent ? Une seconde question concerne plus immédiatement ces nouveaux interprètes du fait religieux, chercheurs et scientifiques, qui réinvestissent le corpus religieux, souvent sans références confessionnelles : quel « intérêt » les pousse à « transgresser » les limites de leurs disciplines pour pénétrer dans le domaine spirituel ? On peut émettre cette hypothèse : le