Les bulletins johanniques de Xavier Léon-Dufour

Au long d’une trentaine d’années, X. Léon-Dufour a recensé la plupart des études johanniques, qui ont pris pour cible, par vagues successives, les commentaires, le rapport aux synoptiques, le milieu johannique, tout en privilégiant ses intérêts propres pour le langage symbolique, les lectures synchroniques, la place de l’Esprit Saint.

Vocabulaire et théologie

La visée propre du Vocabulaire de Théologie Biblique, de X. Léon-Dufour, se précise, en particulier sur le plan de l’utilisation pédagogique, par comparaison avec deux autres « vocabulaires », qui en ont inspiré le projet, chacun de façon différente, celui de G. Kittel et celui de V.

La règle d’or chez Paul Ricœur. Une interrogation théologique

La « règle d’or » énoncée par Lc 6,31 et Mt 7,12, à laquelle Kant reproche son caractère imparfaitement formel, est interprétée par Paul Ricœur, dans Soi-même comme un autre (7e, 8e et 9e études, 1990), comme une règle de « réciprocité », née de la « sollicitude » envers autrui, affrontée à la violence, qui permet de gérer les conflits entre l’universalité de la loi et le bien particulier et de faire la « transition » entre une morale du devoir et des convictions de sagesse pratique. Mais nous nous interrogeons sur la discordance, observée par Ricœur, entre une logique d’équivalence qui régirait l’éthique commune et une logique de la surabondance qui relèverait de l’économie du don et de la référence à Dieu, discordance qui entraînerait, selon lui, une répartition des tâches entre la philosophie, agnostique par statut, et la théologie. D’un côté, une logique d’excès ou d’amour est déjà à l’œuvre dans la sollicitude éthique pour permettre à quelqu’un de se mettre à la place de l’autre. D’autre part, la

L’idée de religion et de son avenir dans l’œuvre de Tocqueville

Tocqueville se montre préoccupé par le fait religieux dans l’ensemble de son œuvre. Il ne se contente pas d’observer le rapport de la religion au politique, il cherche ce qu’elle doit être pour s’ouvrir un avenir, et cela justifie une étude théologique de son concept de religion. Dans la 1ère partie de la Démocratie en Amérique (1835), il souligne l’influence des croyances religieuses sur les mœurs politiques des Américains et la particulière inclination du christianisme aux institutions démocratiques. Sa pensée s’élève toutefois à la conception d’un rapport générique entre la religion et la société politique, conception qu’il développera dans la 2e partie du même ouvrage (1840), puis dans l’Ancien Régime et la Révolution (1856). Il croit remarquer une évolution continue du xvie au xviiie siècle, qui tend à établir l’égalité et la ressemblance des citoyens et à substituer le libre examen des croyances dogmatiques au principe d’autorité. Il en conclut que l’opinion commune est appelée à jouer un rôle prépondérant