La clarté d’une fin : l’interprétation historico-critique de la Bible

Si, par rapport à l’avant-propos du premier tome (cf. l’article du même auteur sur ce tome dans RSR 96/2 [2008], 219-240), on doit prendre acte d’une plus grande rigueur de vocabulaire dans ce second tome, la lecture de l’avant-propos oblige encore à revenir sur ce qui avait provoqué un certain malaise : une conception par trop étroite de ce qu’il faut rigoureusement désigner soit comme « approche critique », ou « approche historico-critique », « critique » ou « recherche historico-critique », ou « exégèse critique ».Dans ce second tome, J. Ratzinger / Benoît XVI affirme un peu trop vite que « l’interprétation historico-critique a donné tout ce qu’elle avait à donner » et offre un propos quelque peu simplificateur lorsqu’il considère le travail de l’exégèse de notre époque en le taxant non seulement d’« herméneutique positiviste », mais aussi de « devenir théologiquement insignifiant ».

Le principe « pour »

Questionner Jésus de Nazareth, l’oeuvre pour le moment bipartite de Benoît XVI-Joseph Ratzinger, c’est aussi chercher à identifier le genre littéraire de cet objet théologique dont l’auteur doit assumer à la fois le théologienqu’il reste, toujours sujet et objet de critique, et le pape qu’il est devenu, en charge du magistère doctrinal dans l’Église catholique. S’il y a bien une différence entre les deux, que Benoît XVI affirme savoir distinguer, il y a également une unité profonde de l’auteur, qui est aussi celle du Jésus qu’il veut présenter. Le narrateur se met sur le chemin de Celui dont il veut déployer toute la puissance d’être et, ce faisant, avoue ce qu’il doit au Seigneur de Guardini. Le genre littéraire du Jésus de Nazareth de Benoît XVI se présente alors comme une apologie évangélique narrative, raisonnée, de Jésus de Nazareth, Christ et Seigneur. En filigrane, l’auteur raconte aussi son histoire, celle d’une relation profonde au Christ qui l’a fait devenir le

Remarques sur quelques remarques

Dans le numéro 98/1 (2011) des RSR, la revue avait consacré un dossier au thème « Philosopher en théologie », et, dans ce cadre, porté une particulière attention à certaines des thèses que, sur cette frontière, le travail de l’auteur permettrait d’avancer. L’article présent offre une réponse à certaines des objections alors formulées. Il voudrait par là dissiper quelques mécompréhensions, en apportant des précisions sur trois points que les auteurs du numéro 98/1 (2011) discutaient : la question du transcendantal, celle de la distinction des théologies et enfin les questions conjointes de la passivité, de l’urgence et de l’herméneutique.

Bulletin Johannique 100/1 (2012)

I. Quatrième évangile 1. Harold W. Attridge, Essays on John and Hebrews, WUNT 264, Mohr Siebeck, Tübingen, 2010, 444 p. 2. Craig L. Blomberg, The Historical Reliability of John’s Gospel : Issues and Commentary, Inter-Varsity Press, Downers Grove, 2001, 352 p. 3. Joan Cecelia Campbell, Kinship Relations in the Gospel of John, The Catholical Quarterly Monograph Series 42, Washington, 2007, 250 p. 4. Warren Carter, John and Empire. Initial Explorations, T&T Clark, New York/Londres, 2008, 424 p. 5. Nicolas Farelly, The Disciples in the Fourth Gospel. A Narrative Analysis of their Faith and Understanding, WUNT II 290, Mohr Siebeck, Tübingen, 2010, 260 p. 6. Anthony Le Donne and Tom Thatcher, The Fourth Gospel in First-Century Media Culture, T&T Clark, Library of New Testament Studies 426, 2011, 284 p. 7. Alain Marchadour, “Venez et vous verrez”- Nouveau commentaire de l’Évangile de Jean, Bayard, Paris, 2011, 540 p. 8. Elizabeth W. Mburu, Qumran and the Origins of Johannine Language and Symbolism, T&T Clark, Jewish

Bulletin de Judaïsme ancien (1) 100/1 (2012)

I. Juifs et chrétiens à leur croisée des chemins En 1972, il y a exactement quarante ans, répondant à la demande confiante du R.P. Joseph Moingt, j’inaugurai ce Bulletin, intitulé d’abord « de littérature intertestamentaire ». La matière se révéla de plus en plus ample et diversifiée, les champs d’investigation se présentant soit simultanément soit par vagues successives. Elle en vint à couvrir le contexte politique, social et culturel de Iouda et de la Diaspora, la littérature des Apocryphes ou des Pseudépigraphes, la Septante et les autres versions grecques des livres saints, les traductions araméennes ou targums, les écrits de la mer Morte, le corpus rabbinique dans ses périodes de formation, les textes mystiques ou veine de la Merkabah. Assez vite, nous optâmes pour la formule englobante « judaïsme ancien ». À travers des centaines, voire un bon millier, de livres recensés, tout un pan du monde antique revivait, de nouveaux modèles venant parfois détrôner les anciens schémas qui s’imposaient néanmoins comme classiques ; la compartimentation des

L’herméneutique de Vatican II. Réflexions sur la face cachée d’un débat

En 2003, trois universités francophones joignaient leurs forces pour conduire un projet de recherche sur l’herméneutique théologique de Vatican II . La création de ce groupe interuniversitaire reposait sur la conviction que l’avenir du catholicisme se joue notamment sur l’interprétation que l’on va donner au concile. L’objectif n’était pas de définir et de promouvoir une position ni de faire école dans le domaine. Le projet reposait d’abord sur un constat : celui d’un déplacement de la recherche sur le terrain de l’herméneutique du concile. allant de paire avec une utilisation de cette dernière comme arme par ceux qui s’opposaient au concile. Plus fondamentalement, c’est la notion de tradition et de développement de la doctrine qui se trouvent en jeu dans le débat. L’étude de l’herméneutique du concile doit donc aujourd’hui conduire les théologiens à un travail en profondeur sur ces questions.

Le Cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II…

Le Cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II (11 octobre 1962) pourrait être l’occasion d’une prise de conscience collective quant à l’avenir de la tradition chrétienne au sein d’une civilisation mondialisée qui a du mal à envisager une nouvelle manière d’habiter notre globe. Nous savons bien que les célébrations anniversaires de grands événements historiques ou de « héros », culturels et politiques, sont fréquemment utilisées à des fins partisanes ou pour mieux contrôler l’interprétation d’une mémoire commune. Pourquoi le Concile échapperait-il à ces conflits d’intérêt ? On peut espérer cependant que des voix diverses se lèveront pour dénoncer toute récupération et faire apparaître le « potentiel » de créativité que garde cet événement (comme d’autres grands moments de l’histoire), que les croyants peuvent recevoir de Celui qu’ils reconnaissent comme « le maître de l’histoire ».

Bulletin Théologie de la création et sciences 100/2 (2012)

I. Réflexions générales 1. Alister E. McGrath, The science of God : an introduction to scientific theology, T & T Clark, London, 2004, 271 p. 2. Alister E. McGrath, The order of things : explorations in scientific theology, Blackwell Pub., Malden, MA, 2006, 255 p. 3. Lydia Jaeger, Lois de la nature et raisons du coeur : les convictions religieuses dans le débat épistémologique contemporain, P. Lang, « Europäische Hochschulschriften. Reihe 20, Philosophie », Bern – Berlin – Bruxelles, 2007, 360 p. 4. Nancey Murphy, Bodies and Souls, or Spirited Bodies ? Cambridge University Press, « Current issues in theology », Cambridge, UK – New York, 2006, 154 p. 5. Mark Graves, Mind, Brain and the Elusive Soul : Human Systems of Cognitive Science and Religion, Ashgate, « Ashgate science and religion series », Leuven/Dudley (MA), 2008, 244 p. II. Théologie et histoire des sciences 6. Donald Yerxa (dir.), Recent Themes in the History of Science and Religion : Historians in Conversation, University of South Carolina Press, Columbia, S. C, « Historians in conversation », 2009, 146 p.

Bulletin de Judaïsme ancien (2) 100/2 (2012)

I. Histoire du judaïsme à l’époque hellénistique et romaine 1. Hannah M. Cotton, Leah di Segni, Werner Eck, Benjamin Isaac, Alla Kushnirstein, Haggai Misgav, Jonathan Price, Israel Roll et Ada Yardeni (dir.), Corpus Inscriptionum Iudaeae/Palaestinae. Volume I : Jerusalem, Part 1 h 1-704, W. De Gruyter, Berlin, 2010, 694 p. 2. Seth Schwartz, Were the Jews a Mediterranean Society ? Reciprocity and Solidarity in Ancient Judaism, Princeton University Press, Princeton (NJ), 2010, 212 p. 3. Avi Avidov, Not Reckoned among Nations. The Origins of the So-Called “Jewish Question” in Roman Antiquity, Mohr Siebeck (TSAJ 128), Tübingen, 2009, 226 pages. 4. Marius Heemstra, The Fiscus Judaicus and the Parting of the Way, Mohr Siebeck (Wissenschaftliche Untersuchungen zum Neuen Testament. 2. Reihe, 277), Tübingen, 2010, 241 p. 5. Michael E. Stone, Rediscovering Ancient Judaism, Eerdmans, Grand Rapids/Cambridge, 2011, 226 p. II. Littérature juive en grec 6. Fabienne Jourdan, Poème judéo-hellénistique attribué à Orphée. Production juive et réception chrétienne, Les Belles Lettres, Paris, 2010, 306 p.