Bulletin Lettres pauliniennes et théologie du Nouveau Testament 101/3

I. Paul et ses lettres 1. Bouthors J.-F., Paul, le Juif, Parole et Silence – Collège des Bernardins, Paris, 2011), 195 p. 2. Given M. D. (éd.), Paul Unbound. Other Perspectives on the Apostle, Hendrickson, Peabody, 2010, 210 p. 3. Reynier Ch., Pour lire la lettre de Saint Paul aux Romains, Cerf, Paris, 2011, 176 p. 4. Bony P., Un juif s’explique sur l’Évangile. La lettre de Paul aux Romains, Desclée de Brouwer, Paris, 2012, 444 p. 5. Meynet R., La lettre aux Galates, « Rhétorique sémitique 10 », Gabalda, Pendé, 2012, 255 p. 6. Puca B., Una periautologia paradossale. Analisi retorico-letteraria di Gal 1,13-2,21, Tesi Gregoriana 185, Gregorian and Biblical Press, Roma, 2011, 309 p. 7. Matta, Y., À cause du Christ. Le retournement de Paul le Juif, « Lectio Divina 256 », Cerf, Paris, 2013, 382 p. 8. Romanello S., L’identità dei credenti in Cristo secondo Paolo, « La Bibbia nella storia 22 », Dehoniane, Bologna, 2011, 233 p. 9. Sichkaryk I., Corpo (sôma) come punto focale

Bulletin M. Rastoin 101/3 – 2013 – liste ouvrages recensés

I. Actes – milieu du Nouveau Testament 1. Keener Craig S., Acts: An Exegetical Commentary : Introduction and 1:1-2:47, Baker Academic, Grand Rapids, 2012, 1038 p. 2. Butticaz Simon David, L’identité de l’Église dans les Actes des Apôtres : de la restauration d’Israël à la conquête universelle, BZNW 174, De Gruyter, Berlin/New York, 2011, 556 p. 3. Dionne Christian, L’Évangile aux juifs et aux païens. Le premier voyage missionnaire de Paul (Actes 13–14), « Lectio divina 247 », Cerf, Paris, 2011, 380 p. 4. Walton Steve, Thomas E. Philips, Lloyd K. Pietersen (éd.), Reading Acts Today. Essays in honour of Loveday C. A. Alexander, T & T Clark, London/New York, 2011 232 p. 5. Kuecker Aaron, The Spirit and the “Other”. Social Identity, Ethnicity and Intergroup Reconciliation in Luke-Acts, LNTS 444, T&T Clark, London/New York, 2011, 277 p. 6. Dunn James D. G., Jesus Remembered II. Beginning from Jerusalem, Eerdmans, Grand Rapids, 2009, 1347 p. 7. Zwiep Arie W., Christ, the Spirit and the community of God, essays

Édito 101/3 : Penser la différence dans la crise culturelle de l’Europe

C’est à une crise culturelle sans précédent que le christianisme européen se trouve aujourd’hui confronté, et particulièrement dans le champ de l’anthropologie. Jusqu’à une époque récente, les contestations dont il faisait l’objet n’empêchaient pas – du moins de façon générale – un certain consensus de fond : sur les représentations élémentaires de l’être humain, de la différence homme-femme, de la vie en société, ou encore du rapport à la nature. Désormais, nous sommes dans un monde où ces représentations ne vont plus de soi pour un certain nombre de nos contemporains, personnes ou groupes. Ce ne sont pas simplement des « valeurs » traditionnelles qui seraient concurrencées par de nouveaux idéaux. Sont en cause les grandes symboliques qui ont puissamment contribué à façonner la société européenne. Or, ces symboliques sont largement redevables de la tradition judéo-chrétienne et des traditions gréco-romaines (ou plus précisément du travail pluriséculaire que la tradition judéo-chrétienne a opéré sur ces traditions gréco-romaines). Ainsi, des valeurs essentielles à la modernité occidentale étaient elles-mêmes

Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3

Résumé A. Wénin – Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3 L’idée que les premières pages de la Bible (Gn 1–3) constituent un discours théologique et anthropologique concernant la création et qu’elles contiennent une révélation aussi définitive qu’unique sur l’être l’humain semble aller de soi. Mais ce raccourci ne se fonde-t-il pas sur l’occultation du genre mythique et de la nature narrative de ces textes qui, comme tout écrit, encodent une vision spécifique et située culturellement ? L’auteur interroge ces textes à nouveaux frais pour voir si ce qu’ils disent de la différence entre l’humanité et la nature, et entre l’homme et la femme, n’est pas plus complexe et nuancé que ce que la tradition en a retenu, et pour vérifier si ces textes immémoriaux ne recèlent pas des ressources cachées permettant de penser les questions anthropologiques que soulèvent notre époque. Human and nature, woman and man : founding or

Que faire des différences ?

La « différence » suppose l’ « altérité » des éléments entre lesquels elle est établie ou constatée, elle suppose, également, une comparaison ou un ordre entre ces éléments. Les deux terrains où ces catégories sont plus particulièrement en jeu sont la différence entre « l’humain » et le « non humain » et la différence entre l’homme et la femme. L’article analyse la mise en cause, à l’époque moderne, de l’importance structurante de la différence des sexes pour les sociétés humaines et s’interroge sur les motifs qui nourrissent cette contestation. Peut-on gérer le conflit entre la demande de reconnaissance de toutes les différences et l’exigence concomitante d’égalité sans « accommodements raisonnables »

Les jeux de la différence dans l’Inde hindoue

L’Inde serait-elle la patrie de la différence, l’illustration extrême et pour ainsi dire maladive d’un particularisme triomphant ? L’Inde serait-elle, par la spiritualité et la philosophie, la patrie de la dissolution de toutes les différences, du retour au sein maternel de quelque Grande Déesse cosmique ? Il est vraisemblable que chaque civilisation se définit par un style propre, une manière originale de conjuguer des différences affirmées et des valeurs partagées, des particularités et un patrimoine commun et c’est dans ce sens que l’Inde, par sa manière singulière de marier le propre et le commun, la différence et le partagé, nous invite à l’exploration de notre propre vision des choses, aux acquis et incertitudes de notre identité.

Crise de l’Occident, crise du christianisme, crise de la différence

Nombre d’analyses de la crise culturelle que traverseraient nos sociétés trouvent leur inspiration dans le rejet du caractère indéterminé, immanent et relatif de l’organisation politique des Modernes. La crise, moment décisif, y apparaît comme l’identité même du moderne qui se construit hors de tout fondement absolu, dans l’indétermination des fins politiques et le pluralisme moral. Crise du sujet, crise de la différence, crise de l’universel sont l’enjeu d’une concurrence généralisée des visions du monde et questionnent la nature du bon et du juste. Habiter la crise et y trouver le salut implique de choisir entre le renoncement à tout universalisme ou à définir une « grammaire » qui accueille toutes les versions particulières de l’humanité, et mener une réflexion sur la manière dont les hommes peuvent être épargnés de la peur, de l’oppression et de la cruauté.