Laudato si’ : un changement dans ce que signifie la conversion ?

L’encyclique Laudato si’ appelle de manière prophétique à la conversion écologique. S’il n’est pas question de remettre en cause cette lecture, l’auteur analyse le déplacement qu’opère le pape François du discours de conversion à lui donnant un tour sapientiel afin de s’adresser à des lecteurs non-chrétiens et de poursuivre, dans le dialogue, la recherche de solutions pour prendre soin de la maison commune. C’est pourtant au cœur de cette ouverture qu’est maintenue le lien intrinsèque de la conversion écologique à la confession de foi, lien figuré par la référence à François d’Assise ; à la fois sage et saint. S’esquissent ainsi les contours d’un langage d’appel à la conversion écologique selon l’Esprit de Jésus-Christ, propre à une spiritualité vécue dans un temps de postchrétienté.

Au-delà de 2017

La commémoration des origines de la Réforme en l’année 2017 est un jalon sur un itinéraire en vue de la pleine communion. Le dialogue luthéro-catholique a déjà permis d’atteindre un consensus sur des questions fondamentales et doit trouver là un élan pour franchir de nouveaux pas. Encore faut-il persévérer dans une expérience proprement spirituelle de réconciliation et de guérison, par-delà les blessures héritées du passé. Le dialogue doit aussi se poursuivre sur le plan doctrinal ; l’article montre comment il serait possible d’aller de l’avant sur des questions controversées, comme celles de la succession apostolique et du ministère de communion dans l’Église universelle.

La mystique : une histoire au présent

Le présent article se propose d’analyser le projet de La Fable mystique en tant que démarche historienne. En l’abordant sous cet angle, nous souhaitons mettre en évidence le style singulier de Michel de Certeau. Trente ans après le premier tome, la publication de La Fable mystique II continue un itinéraire : les mêmes intuitions se trouvent étayées, des contenus déjà annoncés y sont élaborés. En prenant en considération les deux volumes, cet article met en lumière une préoccupation centrale de Michel de Certeau, celle de ne pas séparer les recherches sur la mystique du présent de celui qui l’étudie. Il cherche ainsi à saisir la relation établie entre l’historien, son objet et son présent. La mystique, science éphémère aux XVIe et XVIIe siècles, objet historique étrange qui noue l’expérience au langage, se fait et se défait sous la plume de Michel de Certeau. Elle finit par ne plus avoir de lieu propre, fixé d’avance dans un périmètre littéraire déterminé. Le discours

Le dialogue juifs-chrétiens et la question de la terre d’Israël

Au coeur du dialogue avec les juifs qui s’est développé dans les cinquante années qui ont suivi la publication de Nostra Aetate, la question d’une revendication juive de la Terre d’Israël est sans cesse revenue. Quelle est la position de l’Église envers cette revendication juive de la Terre à la lumière de son interprétation dans la Bible ainsi que le développement d’une tradition chrétienne et la recherche constante de la justice et de la paix dans un monde brisé ? Comment le dialogue entre juifs et catholiques dans une nouvelle aire de respect et de coopération s’apparente-il avec le cri de justice des Palestiniens ? Cet article retrace le développement de la pensée de l’Église durant ces cinquante dernières années.

L’actualité de l’élection traitée selon deux perspectives différentes en « écriture dialogale »

Comment faire valoir une question difficile et discutée comme celle de l’élection vue par les deux traditions juive et chrétienne, et comment montrer ce qu’un tel échange peut provoquer comme questionnement chez chacun des interlocuteurs sur sa propre position ? Les deux auteurs ont choisi le dialogue comme façon la plus adéquate d’honorer cette question et nous livrent ici leurs échanges qui dévoilent des convergences de vues, mais exprimées de manières différentes : joie et espérance dans cet échange.

Des textes et des événements. Bilan de cinquante années de réception de Nostra Aetate § 4

La réception de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate § 4 s’est faite par deux canaux : des textes qui l’interprètent et des événements qui incarnent le changement de regard de l’Église sur les juifs. L’article fournit un résumé des principales publications du Magistère suite à Nostra Aetate § 4 et montre en quoi des événements ont permis la diffusion de l’esprit de Nostra Aetate parmi les fidèles. Il s’interroge sur l’avenir de la fécondité de la Déclaration, alors qu’on n’est qu’au seuil de cette ère de réconciliation.

Qohéleth et le Sutra du diamant, sagesses biblique et bouddhique

Dans la Bible et le bouddhisme Mahāyāna, du Grand Véhicule, la littérature dite sapientielle occupe une place déterminante, tant en raison de son volume que de sa vivifiante signification pour l’ensemble de chacune de ces traditions. Cet essai cherche à comparer ces deux types de littérature à partir d’un ancrage textuel précis dans chacune d’entre elles : le Sūtra du diamant pour le bouddhisme Mahāyāna, et l’Ecclésiaste ou livre de Qohéleth pour la Bible. L’auteur invite à une rencontre en vérité des traditions bouddhiste et judéo-chrétienne, qui exige de prendre le risque de comparer deux de leurs textes fondateurs.

Le mystère d’Israël dans l’oeuvre de Jacques Maritain

Le 28 octobre 1965, Paul VI promulguait la déclaration conciliaire Nostra aetate, traitant du rapport de l’Église catholique avec les religions non-chrétiennes. Au paragraphe 4 intitulé « de la religion juive », le Magistère de l’Église catholique se prononce pour la première fois sur le lien qui l’unit au peuple de la première Alliance, rompant ainsi avec l’antique enseignement sur les Juifs déicides et rejetés par Dieu. Jacques Maritain peut être considéré comme un pionnier du nouveau discours chrétien sur les Juifs, qu’il développa dans le contexte d’une France rongée par l’antisémitisme et la montée du nazisme. En analysant la pensée de Maritain sur ce qu’il appelait le mystère d’Israël, l’auteure nous montre en quoi celui-ci s’inscrit et prépare le document conciliaire mais aussi quelles pistes sont encore à exploiter par la théologie.