Nommer les savoirs du religieux : essai sur les enjeux de dénomination au moment moderniste

Il n’allait pas de soi, en 1910, de placer une revue d’érudition catholique sous le vocable de la « science religieuse ». Cette désignation s’inscrit dans un champ de forces, en tension avec d’autres dénominations possibles, chacune étant porteuse d’une conception des rapports entre théologie et sciences historiques et sociales. Les enjeux de ce réseau de possibles sont étudiés ici, dans le contexte très particulier de la crise moderniste, où se pose de façon aiguë la question de l’assimilation du legs méthodologique du XIXe siècle.

Une anthropologie des relations

La conversion écologique à laquelle nous invite l’encyclique Laudato si’ constitue un véritable changement de paradigme qui place la relation au cœur de l’existence : une invitation à concevoir la relation non pas comme un moyen pour vivre, mais comme la vie elle-même. Ce changement suppose une « dés-instrumentalisation » et une « endogénéisation » de la relation. Cette démarche sera esquissée à l’aide de trois approches qui seront mises en dialogue : celle sous-jacente dans la conversion écologique, celle associée à la valeur économique, et celle véhiculée par la mésologie. En guise de conclusion, l’expérience pratique du label Église verte servira pour illustrer une démarche de conversion écologique fondée dans la dimension relationnelle de la vie.

Le Dieu des vivants

La quête de salut peut être configurée autour de trois axes : la vie est-elle réductible au biologique ou peut-on lui donner sens à partir d’une transcendance ? l’histoire n’est-elle que violence et chaos ou peut-on la lire selon un régime d’espérance ? entre devenir et altérité, comment le sujet peut-il comprendre sa propre identité ? L’article examine l’universalité de ces questions, la diversité des réponses apportées et la manière dont elles sont traitées par le christianisme.

Faire une histoire du catholicisme en Europe

En Europe, l’histoire du catholicisme fut longtemps une histoire de l’Église à but apologétique, auxiliaire de la théologie, et soumise au magistère. Sa prise d’autonomie, à des degrés différents selon les pays, a permis l’émergence d’une histoire religieuse qui, dans une histoire « en miettes », est encore hantée par la nécessaire déconfessionnalisation de ses approches, de ses thèmes et de ses chercheurs. Elle peut y répondre par une exigence de neutralité, l’extension du domaine des recherches, l’attention aux autres sciences sociales et ainsi revendiquer d’être un pan à part entière de l’histoire générale.

Les métamorphoses de la liturgie et de la pastorale des funérailles

La profonde transformation des pratiques et de la pastorale des funérailles ne peut s’expliquer sur le seul registre de la déchristianisation. Les transformations culturelles interrogent l’espérance chrétienne sous un triple rapport : à la mort, au corps et à la mémoire. La récente crise sanitaire de la Covid 19, en suscitant une nouvelle prise de conscience de la fragilité de notre humanité commune, appelle à reconsidérer ces questions. Dans ce contexte, l’article s’interroge à nouveaux frais sur les ressources qu’apporte la ritualité chrétienne pour répondre aux aspirations et aux angoisses d’un monde qui a profondément changé.

La tradition liturgique dans le monde postmoderne

Comment traiter du rapport entre la liturgie et l’anthropologie cinquante ans après Sacrosanctum concilium et ainsi penser la logique « plurielle » du sacrement pour que les chrétiens puissent s’y reconnaître comme fils de Dieu et frères en Christ ? L’article propose de parcourir les grandes évolutions du Mouvement liturgique et de la théologie liturgique, en montrant comment un changement paradigmatique s’est opéré ouvrant sur la perspective d’une raison théologique « plus ample et intégrale » propre à rendre compte de l’expérience rituelle chrétienne.

Bulletin de Théologie morale (101/2 – 2013)

Depuis que notre équipe a repris ce bulletin bibliographique en théologie morale, nous avons à cœur de mettre en valeur les nouveaux intérêts qui marquent la recherche contemporaine. Cette fois-ci, nous ouvrons notre livraison des ouvrages recensés à une nouvelle thématique, celle de la vulnérabilité et de l’éthique de l’hospitalité et du prendre soin (III). On notera comme dans nos bulletins précédents le souci qu’ont les moralistes de faire l’histoire de leur discipline (I) et d’explorer de nouvelles méthodes pour honorer son objet (II). I. L’histoire de la morale 1. Gay Jean-Pascal, Morales en conflit. Théologie et polémique au Grand siècle (1640-1700), Cerf, Paris, 2011, 984 p. 2. Keenan James F., A History of Catholic Moral Theology in the Twentieth Century. From Confessing Sins to Liberating Consciences, Continuum International Publishing Group, New York, 2010, 248 p. 3. Demmer Klaus, Living the Truth : A Theory of Action, « Moral Traditions Series », Georgetown University Press, Washington D.C., 2010, 164 p. 4. Lemoine Laurent, Psychanalyse

Bulletin d’Anthropologie théologique 2013

I. Ouvrages généraux 1. Pröpper Thomas, Theologische Anthropologie, 2 tomes, Herder, Freiburg-Basel-Wien, 2011, 1534 p. 2. Ladaria Luis F., Mystère de Dieu et mystère de l’homme, t. II, Anthropologie théologique, Éditions Parole et Silence, Paris, 2011, 620 p. 3. Sauter Gerhard, Das verborgene Leben. Eine theologische Anthropologie, Gütersloher Verlagshaus, Gütersloh, 2011, 384 p. II. Anthropologie théologique fondamentale 4. Knoepffler Nikolaus, Der Beginn der menschlichen Person und bioethische Konfliktfälle : Anfragen an das Lehramt, Quaestiones disputatae, 251, Herder, Freiburg im Breisgau, 2012, 225 p. 5. Bourgine Benoît, Feltz Bernard et al. (dir.), Darwinismes et spécificité de l’humain, Éditions Academia, Louvain-La-Neuve, 2012, 210 p. 6. Gumpper Stéphane et Rausky Franklin (dir.), Dictionnaire de psychologie et psychopathologie des religions, Bayard, Paris, 2013, 1372 p. III. Grâce 7. Begasse de Dhaem Amaury, Théologie de la filiation et universalité du salut. L’anthropologie théologique de Joseph Wresinski, « Cogitatio Fidei » 277, Cerf, Paris, 2011, 628 p. 8. De Andia Ysabel, La Voie et le Voyageur. Essai d’anthropologie de la