L’héritage paulinien chez Luther
L’héritage paulinien fut transmis à Luther surtout par la tradition de l’Ordre des Ermites de St Augustin, auquel il appartenait, c’est-à-dire pour l’essentiel par l’interprétation de Paul proposée par Augustin. La propre relecture de sa vie par Luther dit déjà l’importance de cet héritage, et dans le tournant réformateur de sa théologie comme d’une ouverture vers la juste distinction entre la Loi et l’Evangile, point culminant du rapport exégétique intense de Luther à Paul. Sa réception de Paul fait particulièrement ressortir l’Epître aux Romains qui, comme point de référence principal représente la figure matérielle, la concrétisation le plus importante du principe herméneutique permanent du réformateur, constitué par la règle « sacra scriptura sui ipsius interpres ». Par ailleurs, le double front du combat paulinien contre l’ « enthousiasme » (en 1 et 2 Co) et contre le légalisme (en Ga) fut appliqué par Luther d’un côté à la papauté, de l’autre aux spiritualistes et « illuminés ».