Lire théologiquement et spirituellement les Écritures
Infléchissant le propos de J.-L. Chrétien (in RSR tome 92/1, pp. 119ss.) en passant du » dire » au » lire « , et en congédiant l’ » autorité » ainsi que le qualificatif » Saintes » impliqués dans l’article du philosophe, P. Gisel pose la question de savoir en quoi ce livre – l’Ecriture ou les Ecritures – est » Parole de Dieu « , peut-être » en quoi » il est d’abord Parole, et ensuite, plus radicalement, » Parole de Dieu « . Or, les Ecritures sont et restent de bout en bout humaines, historiquement situées, culturellement et religieusement déterminées. Second, par rapport au Christ qui n’a pas laissé d’écrits, le corps des Ecritures est donc lieu de médiation donné et irréductible, comme la canonisation d’Ecritures est un fait institutionnel, donc instaurateur. Justement, le » regard » porté au nom de la sainteté et de l’inspiration et donc de la logique croyante ne peut porter que sur l’ordre » tiers » d’une symbolisation religieuse, inscrite dans l’histoire déterminée d’une canonisation institutionnelle.