Mythe et science dans la perspective d’Auguste Sabatier
Lorsque, à la fin du XIX° siècle, le Modernisme décida d’abandonner certains concepts métaphysiques et théologiques, comme n’étant plus adaptés à la mentalité moderne, il en assura également une certaine transcription. L’attitude qui guidait les protestants (Sabatier, Harnack), ainsi que le principal représentant du Modernisme catholique, Alfred Loisy, était plus ou moins la suivante : le dogme énonce des choses vraies dans un langage métaphysique ou symbolique, qui s’adaptait parfaitement au monde d’autrefois, mais qui risque d’égarer la mentalité moderne. Mais le changement de langage ne laisse pas les choses inaltérées : pour la métaphysique théologique, le Christ est Dieu; pour l’historiographie scientifique, le problème est dépourvu de sens, ou bien il demeure extérieur à sa propre compétence. Que la résurrection soit un événement réellement advenu ne signifie rien pour l’historien, qui s’occupe méthodiquement de ce qui se produit dans le temps et dans l’espace du monde. Confronté à ce double souci, d’une adaptation du Christianisme à la mentalité moderne, et d’un