La méthodologie de John P.Meier dans sa quête du Jésus historique
Au début de son livre sur la religion de Jésus, Geza Vermes exprimait son aversion pour la méthodologie. Selon lui, elle menace l’inventivité du chercheur, car « la recherche ne doit pas être liée par des règles trop strictes » et mieux vaut faire preuve de « pragmatisme ». La vigueur de la critique que John Meier adresse à son collègue illustre fort bien son refus de l’amateurisme. « Au bout du compte, dit-il dans l’introduction au troisième volume (III, 23), en écrivant ces trois tomes, j’ai été convaincu, à partir de ma propre expérience, que méthodologie et critères ont beau paraître ennuyeux, ils n’en sont pas moins indispensables pour empêcher le chercheur de trouver dans les données ce qu’il avait décidé d’y voir ». Dans les pages qui suivent J. Schlosser tente d’abord de donner une présentation générale de la méthode utilisée par Meier en la situant dans la discussion en cours, puis il analyse comment elle est appliquée concrètement dans la longue étude que l’auteur a consacrée