« …selon l’Hindouisme »

Depuis plusieurs générations, des chrétiens, anticipant quelquefois les ouvertures pratiquées par Vatican II, ont entrepris d’explorer le patrimoine de l’hindouisme. Parallèlement, depuis bientôt deux siècles, des hindous parfois célèbres ont dit comment ils percevaient la figure du Christ ou comprenaient le christianisme. La curiosité suscitée par les premiers contacts s’est-elle émoussée? La séduction du Jésus des évangiles opère-t-elle moins? Quoi qu’il en soit, il peut être salutaire de prendre la mesure d’une certaine indifférence: beaucoup d’hindous ne se montrent guère curieux du christianisme (beaucoup de chrétiens, faut-il le dire, leur rendent la pareille!). Bien plus, depuis une trentaine d’années, quelques-uns des porte-parole d’une «hindouité» (hindutva) plus militante diffusent largement des opinions de nature à décevoir ou à blesser le lecteur chrétien. Excessives et injustes, souvent biaisées dans leur base documentaire, ces diatribes n’en reflètent pas moins une perception du christianisme, de son étrangeté au regard hindou.

Questions de théologie. Selon l’Islam.

En révélant le « sens » de la vie humaine, le Coran dévoile aussi la route qu’il faut emprunter pour ne pas se perdre dans ce qui n’est pas salutaire. C’est donc la voie de Dieu qui est révélée. Cette dépendance est telle qu’on ne peut être sauvé que si on agit conformément au projet divin ; ce qui implique l’obéissance à la Loi de Dieu, la « Sharî‘a ». La désobéissance à cette Loi est érosion d’humanité. Se soumettre à la Loi, c’est être pleinement humain. Cette constatation a d’énormes conséquences concernant le rapport entre le christianisme et l’islam. Le christianisme s’attache plutôt à reconnaître en Jésus-Christ la révélation de Dieu et de son amour pour les hommes. Il s’ensuit pour le christianisme une réflexion dogmatique christologique, alors qu’au cœur même de la réflexion théologique musulmane il y a la Sharî‘a. L’herméneutique en christianisme concerne en premier lieu « le dogme » chrétien, alors qu’en islam l’herméneutique contemporaine musulmane a trait aux « maqâsid al-Sharî‘a », les objectifs de la Loi. Qu’en

Impasses et audaces de la Christologie

L’essoufflement de l’inflation christologique comme la résurgence du discours sur Dieu et pas seulement à Dieu, réclamaient une interrogation soutenue, et notamment l’examen du préjugé historiographique qui attribue volontiers l’origine de la dérive christocentrique à la pensée franciscaine. Évolution qui favorise un renouvellement de la théologie du pluralisme religieux ou non-religieux, et la mise en lumière des réinterprétations fécondes du concept et des figures du Médiateur unique ou des intermédiaires dans l’accès à l’être, à la nature et aux témoignages traditionnels ou historiques, comme dans l’inventivité esthétique, morale, sociale, noétique ou scientifique.

Le problème de la conscience en neurobiologie et en anthropologie théologique

L’histoire de la pensée occidentale témoigne de la grande complexité de la réflexion sur le phénomène conscience. La notion étant analogique, philosophes, psychologues, juristes, théologiens, moralistes et récemment neuroscientifiques n’entendent pas sous ce terme les mêmes réalités. Nombre de neurobiologistes font preuve d’une grande modestie ; mais parmi les savants croyants, certains se voient là « affrontés à un mystère », et tout en acceptant « l’évolution de l’homme par la sélection naturelle » parlent d’ « attributs spirituels […] qui ne résultent pas de l’évolution, mais sont d’origine surnaturelle ».Le théologien en dialogue avec des neuroscientifiques, ne peut accepter un tel concordisme qui donne à un problème scientifique une solution relevant d’une croyance religieuse. Cet article entend indiquer quelle théorie de la conscience et de la conscience de soi peut à la fois de respecter les limites des compétences, et présenter des ouvertures vers une théologie de la conscience fondée sur l’anthropologie holistique, donc non dualiste, de la Bible.

Église du Christ et Église catholique

Le document publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 10 juillet 2007 a provoqué dans les milieux œcuméniques un trouble certain. Il est, en effet, indéniable que ce texte illustre un genre littéraire qui, pour traditionnel qu’il puisse être selon les critères magistériels romains, ne saurait faire avancer le dialogue entre l’Église catholique et les autres confessions chrétiennes. Dans quelle mesure même y a-t-il, en l’occurrence, disposition au dialogue ? Les Réponses ont été publiées dans la foulée du motu proprio de Benoît XVI libéralisant les conditions dans lesquelles il devient possible de recourir aux rituels de la messe et des sacrements antérieurs à la réforme liturgique voulue par le dernier concile. Certaines questions viennent à l’esprit. Qui, en l’état actuel des choses, est l’interlocuteur de Rome ? Ne serait-ce pas, en priorité, les catholiques dits traditionalistes ? Qu’en serait-il alors des chrétiens des autres confessions (sans parler du reste de l’humanité) ? Cet article, à partir de questions d’herméneutique,

Conclusion. Vie de Jésus et venue des temps messianiques : à propos d’un conflit d’interprétation permanent

Le but principal et premier de cette conclusion est de mettre en évidence le lien intrinsèque entre les récits de la « vie de Jésus » et le conflit d’interprétation au sujet du Nazaréen, tel qu’il résulte précisément de ses « actes de puissance » et de leur signification messianique ou non. Le deuxième but est d’expliciter l’analogie entre le conflit d’interprétation, tel qu’il se présente à l’époque néotestamentaire, et la figure qu’il prend aujourd’hui au sein du « forum-Jésus », l’enjeu étant d’en dégager la signification proprement théologique.

Questions et implications du silence de Paul sur Jésus

Lorsque l’on interroge les lettres de Paul sur le thème des « miracles de Jésus », un constat s’impose : Paul ne fait allusion à aucun de ces miracles. Doit-on en conclure qu’il les ignore ? S’interroger sur ce silence de Paul au sujet des miracles revient très vite à poser la question du rapport que l’Apôtre entretient avec la vie de Jésus. Après avoir recueilli les points de rupture où se joue le silence de Paul sur les miracles et relevé les questions soulevées par ce constat, il s’agira ici d’étudier les implications de ce silence qui touche au sens des signes pour Paul et, par là, au kérygme.

« Quelle messianité en acte donne à voir la figure de l’homme Jésus ?

Quelle messianité en acte donne à voir la figure de l’homme Jésus ? L’introduction au colloque se demande s’il y a une possible et légitime « théologie de la vie de Jésus ». On verra que la réponse peut être positive, mais à condition de bien préciser les termes et l’usage qu’on en fait. Une « théologie de la vie de Jésus » ? Mais comme il y a ou peut y avoir des perspectives théologiques à proposer de toutes les réalités du monde, et tout particulièrement en ce qu’elles sont en lien à du social et à de l’idéologique. Or, la vie de Jésus est bien une réalité du monde, parmi d’autres, et elle est bien – oh combien ! – liée à des jeux sociaux et idéologiques. Une « théologie de la vie de Jésus » ? Oui, mais comme théologie justement, et théologie articulée au réel, ici humain.

Post-scriptum

En réponse à la note précédente, M. Fédou précise son propos. Soulignant avec J. Moingt qu’il n’est pas possible d’établir à partir de l’histoire une « théologie de la vie de Jésus », il croit néanmoins possible de proposer une « théologie de la vie de Jésus au sens large », à condition de bien s’entendre. Si l’expression cherche à couper court à l’illusion de prétendre s’appuyer sur une exacte reconstitution de la chronologie, il faut bien cependant parler ici de « théologie », qui ne serait aucunement déduite des résultats atteints par l’histoire, mais dont on attendrait seulement qu’elle prenne en compte les acquis les plus solides de l’ouvrage de J. P. Meier.

Note à l’issue du colloque RSR « Christologie et Histoire de Jésus »

Dans cette note à l’issue du colloque, J. Moingt met en cause la possibilité d’établir sur des bases historiques solides une théologie de la vie de Jésus, une christologie messianique de l’accomplissement des Écritures par l’activité thaumaturgique de Jésus, qu’il serait loisible d’élever ensuite à une haute christologie, peut-être même sans avoir besoin de passer par sa résurrection. Il revient par là-même sur la position et le travail respectif du théologien et de l’historien, et les enjeux de la première, deuxième et troisième quête du Jésus historique.