Pour une anthropologie théologique de la différence

Une théologie qui voudrait faire entendre sa voix dans le débat actuel sur les deux différences majeures qui nous constituent – notre place parmi les vivants et notre bisexualité – et présenter la tradition chrétienne comme une véritable « source », devra accepter de refaire le travail d’interprétation que d’autres ont fourni sur ces questions, dans de tout autres conditions, au début du christianisme et à l’époque de la chrétienté. C’est ce que l’article esquisse à partir de la dimension eschatologique de notre expérience baptismale, bien mieux située pour rendre compte de nos différences que ne l’était le mythe des origines, plusieurs fois revisité jusqu’à ce qu’il trouve sa forme moderne. L’enjeu est de montrer ce que cette expérience eschatologique permet de discerner comme force d’humanisation et menace de déshumanisation au sein des systèmes de distinction et de relation, tels qu’ils se présentent aujourd’hui dans nos sociétés européennes.

Anthropologie et bioéthique : réflexions à partir de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles »

Élaborée comme une réflexion de théologie morale à partir de l’article de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles », cette contribution souligne d’abord l’apport majeur de l’identification des fonctions universelles structurant les systèmes de parenté. Elle interroge ensuite les trois premières « positions théoriques » (rapport de la sexualité à la société, nécessité de l’intervention d’un tiers pour faire du foetus un enfant, rapport de la famille à la société) pour formuler quelques remarques sur l’articulation entre anthropologie et bioéthique ainsi que sur la régulation des nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques biomédicales.

Systèmes de parenté et des formes de famille

L’histoire humaine dans la diversité de ses systèmes sociaux et culturels n’échappe pas à la pensée « scientifique ». L’enjeu de cet article sera de montrer qu’il existe des approches, des méthodes au sein des sciences sociales, dont l’anthropologie sociale, qui permettent d’éclairer les logiques de fonctionnement des sociétés, ainsi que les modes de pensée des acteurs engagés dans la reproduction et l’évolution de ces sociétés. Les fonctions de la parenté sont universelles, mais elles sont assumées par des personnes différentes, selon les principes qui organisent les systèmes de parenté. Ceux-ci sont en nombre limité. Et en Occident, le système dominant appartient au type de système baptisé par les anthropologues du mot « eskimo ».