chronique
À propos de la théologie du péché
1. Paul H. Welte, Ins Böse verstrickt. Versuch einer Neuinterpretation der Erbsündenlehre, « Theologische Orientierungen », N° 12, LIT, Berlin, 2009. 2. François Euvé, Crainte et tremblement. Une histoire du péché, Seuil, Paris, 2010.
Du nouveau dans la recherche sur le « modernisme »
L’évaluation historique et théologique de ce qu’il est convenu d’appeler le « modernisme » a été périodiquement relancée par l’exploration approfondie de documents jusqu’alors inaccessibles ou non publiés. Ces dernières années, notre connaissance de cette « crise » s’est à nouveau enrichie, en aval et en amont. En aval, en raison de la publication des expertises et débats des congrégations romaines de l’Index et du Saint Office, préparatoires à la censure de quelques oeuvres d’Alfred Loisy (1903) et au décret Lamentabili sane exitu (1907). En amont, par l’édition de ses Essais d’histoire et de philosophie religieuses (1899), jamais publiés du vivant de son auteur mais utilisés par lui comme « carrière » pour la composition de ses célèbres articles de la Revue du Clergé Français. Certes, l’importance décisive de telle circonstance, de telle intervention ou de telle personnalité paraît ainsi dans une lumière plus vive ; mais l’enjeu majeur de ces parutions est l’évaluation à long terme de la « crise moderniste ».
Empathie et amour du prochain
C’est avec les yeux d’un théologien chrétien qui a longtemps réfléchi sur la notion judéo-chrétienne de l’amour du prochain que j’ai lu le livre de Jacques Hochmann, Une histoire de l’empathie1. Ma lecture m’a conforté dans la conviction qu’il y a une analogie entre cet amour et l’empathie ou, pour utiliser une formule chère à l’auteur, un rapport conceptuel « presque comme »…